Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • Au dernier trimestre 2020, la performance économique n'a augmenté que légèrement en raison des mesures de restriction prises pour endiguer la deuxième vague de COVID-19. Le produit intérieur brut a progressé de 0,3 %. Sur l'ensemble de l'année 2020, la performance économique a diminué de 4,9 %.
  • En janvier, la production industrielle n'a reculé que légèrement, la production automobile ayant été fortement touchée par les goulots d'étranglement dans la production de semi-conducteurs. Le secteur de la construction a enregistré un net recul qui s'explique, entre autres, par les conditions météorologiques. Les entrées de commandes dans les industries manufacturières continuent à se trouver nettement au-dessus du niveau d'avant la crise.
  • Au début de l'année, les mesures de restriction ont continué à peser sur le commerce de détail après avoir affecté déjà fortement les ventes de Noël. Les chiffres d'affaires ont diminué nettement en raison des mesures de lutte contre la pandémie qui ont notamment affecté le commerce traditionnel. En revanche, les ventes par correspondance et sur internet ont continué à progresser considérablement par rapport à l'année précédente.
  • Le marché du travail est resté stable. Corrigé des effets saisonniers, l'emploi a légèrement augmenté en janvier. En février, le chômage n'a augmenté que légèrement tandis que le sous-emploi a faiblement reculé. Le nombre de déclarations de chômage partiel a été moins élevé pour le mois de février, le nombre des travailleurs au chômage partiel pourrait cependant augmenter dans un temps prochain.

Développement économique partagé : au secteur des services affaibli s'oppose une industrie solide

La situation économique comprend deux volets jusqu'au mois de mars : tandis que le secteur des services continue à ne fonctionner que partiellement en raison des mesures de lutte contre la pandémie, la conjoncture industrielle reste robuste. Certes, la production industrielle a diminué de 0,5 % en janvier par rapport au mois précédent. Mais face à l'augmentation massive enregistrée en décembre, il faut interpréter ce recul plutôt comme une pause. En attendant, l'activité économique dans le secteur des services est marquée par les mesures de restriction. Un peu plus d'optimisme a pourtant pu être observé récemment. Les campagnes de vaccination donnent l'espoir d'un prompt assouplissement des restrictions. L'évolution économique ultérieure dépend largement d'un contrôle durable des infections et donc de la possibilité d'assouplir davantage les restrictions. Cependant, il est clair aussi qu'il n'y aura pas de retour à une activité économique « normale » sans juguler définitivement la pandémie de coronavirus.

Avec le recul, force est de constater que la reprise conjoncturelle du deuxième semestre 2020 a été beaucoup freinée par la deuxième vague de COVID-19 ainsi que les mesures d'endiguement prises au quatrième trimestre 2020. Selon les informations détaillées de l'Office fédéral de la Statistique, une croissance économique de 0,3 % a été enregistrée au quatrième trimestre 2020. Celle-ci a été plus élevée qu'attendu. Cependant, l'effet modérateur des fermetures imposées est évident après le troisième trimestre qui avait connu une hausse de 8,5 %. Comme attendu, c'était notamment la consommation des ménages qui a été affectée étant donné qu'elle est fortement tributaire des contacts sociaux. Cette situation dans le secteur des services continue à se poursuivre et est donc déterminante pour le développement économique au premier trimestre 2021. En revanche, le commerce extérieur de l'Allemagne et la conjoncture industrielle, qui sont étroitement liés, restent solides. Par conséquent, le marché du travail est également stable, malgré les problèmes dans le secteur des services. L'activité professionnelle a légèrement augmenté tandis que le chômage partiel n'a presque pas changé.

L'économie mondiale reste sur une trajectoire de reprise

La conjoncture mondiale continue de connaître une reprise, mais reste influencée par la pandémie. En décembre, la production industrielle globale a augmenté par rapport au mois précédent pour la huitième fois consécutive (+1,3 %). Elle a dépassé ainsi son niveau d'avant la crise. Le commerce mondial a également continué à progresser en décembre (+0,6 %) et a, lui aussi, dépassé son niveau d'avant la crise. Les indicateurs de conjoncture laissent entrevoir une légère reprise de l'économie mondiale. En février, l'indice composite des directeurs d'achat de J. P. Morgan / IHS Markit a augmenté pour atteindre 53,2 points (décembre : 52,3 points) et se situe donc toujours au-dessus du seuil de croissance de 50 points. Le climat des affaires a bondi nettement mais reste toutefois en deçà des attentes dans l'industrie. Ce constat peut s'expliquer par le fait que les mesures de lutte contre la pandémie affectent en premier lieu le secteur des services. L'optimisme est probablement dû aux campagnes de vaccination mondiales.

Résultats positifs pour les exportations, recul des importations

Après avoir marqué une pause au mois précédent, le commerce extérieur allemand reprend des couleurs. En données corrigées des variations saisonnières et en termes nominaux, la valeur des exportations de marchandises et de services a augmenté de 0,3 % en janvier. Comparée sur deux mois, cela revient à une augmentation presque aussi importante des commandes de 0,4 %. En janvier, les importations ont enregistré une baisse de 2,7 % par rapport au mois précédent. Comparées sur deux mois, l'évolution a connu une stagnation (-0,1 %).

Au niveau national, le confinement ne se reflète presque plus dans les indicateurs provisoires nationaux concernant les échanges extérieurs qui sont, quant à eux, marqués par l'industrie. Le solde des attentes en matière d'exportations établies par l'institut ifo pour les industries manufacturières a de nouveau fortement augmenté en février et était nettement supérieur au niveau d'avant la crise. Les entrées de commandes en provenance de l'étranger ont fortement augmenté en janvier (+4,2 %) et ont donc plus que compensé la période creuse de décembre (3,1 %). Les perspectives pour le commerce extérieur allemand continuent à s'éclaircir et sont d'un optimisme prudent face à la reprise de certains partenaires commerciaux importants (tels que les États-Unis et la Chine).

Léger recul de la production industrielle

En janvier, la production dans le secteur secondaire a diminué. Elle a reculé de 2,5 % par rapport au mois précédent. Dans ce contexte, l'industrie n'a enregistré qu'un faible recul de 0,5 %, la construction mécanique donnant des impulsions positives, tandis que la production automobile a baissé fortement (-12,1 %) en raison de goulots d'étranglement dans le domaine des semi-conducteurs. La production dans le secteur de la construction a diminué considérablement de 12,2 % pour des raisons météorologiques, entre autres. Les résultats pour décembre ont été revu à la hausse de 8,6 points de pourcentage pour atteindre +5,4 %.

Comparés sur deux mois, les résultats sont légèrement positifs en janvier/décembre par rapport à novembre/octobre : la production dans le secteur secondaire a augmenté de 1,4 %. Dans l'industrie, la hausse s'est élevée à 2,1 % et dans le secteur de la construction à 0,2 %.

En janvier, les entrées de commandes dans l’industrie manufacturière ont de nouveau augmenté et étaient dans l'ensemble supérieures de 1,4 % au niveau du mois précédent. Elles continuaient ainsi de dépasser leur niveau d'avant le début de la crise au quatrième trimestre 2019 de presque 6 %. Le moteur de cette augmentation était l'augmentation de la demande extérieure de 4,2 %. Les commandes nationales ont en revanche fléchi de 2,6 %. Tandis que les produits semi-finis et les biens d'équipements ont enregistré des hausses respectives de 3,3 % et de 0,2 %, les biens de consommation (notamment l'habillement) ont enregistré une diminution de 5,8 %. Hors gros contrats, les entrées de commandes ont augmenté de 2,8 %. Comparées sur deux mois, les entrées de commandes n'ont baissé que légèrement de 0,2 %.

Les perspectives pour la conjoncture industrielle dépendent de l'évolution du nombre de cas de coronavirus. L'augmentation des entrées de commandes et de l'indicateur du climat des affaires de l'institut ifo en février 2021 laissent cependant présager une évolution ultérieure positive.

Le commerce affecté par les restrictions persistantes

Les chiffres d'affaires dans le commerce de détail, sans le commerce de véhicules, ont continué de diminuer nettement au début de l'année. En janvier, les chiffres d'affaires ont chuté de 4,5 % par rapport au mois précédent, après que le durcissement des mesures de lutte contre la pandémie ait déjà fortement affecté les ventes de Noël (décembre : - 9,1 %). L'évolution était cependant différente selon les différentes branches du commerce de détail. Le commerce des textiles, des vêtements, des chaussures et articles en cuir a particulièrement été touché par la fermeture de nombreux petits commerces de détail, alors que la vente par correspondance et sur internet a continué d'enregistrer de nettes augmentations de chiffres d'affaires. Le commerce, y compris de véhicules, a progressé de 4,4 % en décembre par rapport au mois précédent, après des hausses de 1,0 % et de 1,3 % en novembre et en octobre. Les nouvelles immatriculations de véhicules des utilisateurs privés ont progressé légèrement en février de 5,1 %. Après l'expiration de la diminution temporaire de la taxe sur le chiffre d'affaires à partir du 1er janvier 2021, une forte baisse de 50,9 % avait été enregistrée en janvier (+ 15,1 % en décembre et + 12,3 % en novembre).

Les attentes commerciales établies par l'institut ifo dans le commerce de détail se sont quelque peu redressées en février après une chute massive en janvier. Selon l'étude GfK du climat de la consommation, une légère relance est également attendue en mars compte tenu de la vaccination en cours et de l'espoir d'un assouplissement des mesures. Les deux indicateurs provisoires se maintiennent néanmoins à un niveau bas.

Le niveau des prix à la consommation a augmenté de 0,7 % en février par rapport au mois précédent, après une augmentation de 0,8 % en janvier. Le taux d'inflation, c'est-à-dire l'évolution du niveau des prix par rapport à l'année précédente, s'élevait respectivement à 1,3 % et à 1,0 % ces deux mois, tandis qu'il était presque continuellement négatif au deuxième semestre de 2020 en raison de la diminution temporaire de la taxe sur le chiffre d'affaires. L'augmentation rapide du taux d'inflation au début de l'année est également due à la reprise des prix à l'importation et des coûts des matières premières ainsi qu'à l'introduction de la tarification du carbone. Sans ces effets spéciaux, l'augmentation du niveau des prix à la consommation devrait de nouveau ralentir. Une relance durable du taux d'inflation n'est pas en vue. L'inflation sous-jacente (sans énergie et produits alimentaires) n'a pas changé et s'élevait en février à + 1,4 % (décembre : + 0,4 %).

Le marché du travail est resté stable.

Le marché du travail reste résilient. En février, le chômage n'a augmenté que légèrement de 9 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières, tandis que le sous-emploi a faiblement reculé. Cependant, la légère hausse du chômage partiel s'est poursuivie suite aux mesures de lutte contre la pandémie. En janvier, l'emploi a de nouveau légèrement augmenté de 16 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières, tandis que la demande de main-d’œuvre est restée faible. L'emploi soumis aux cotisations sociales a augmenté fortement de 64 000 personnes en décembre en données corrigées des variations saisonnières. Selon les estimations, le nombre de personnes au chômage partiel avait de nouveau légèrement augmenté en décembre (2,4 millions), tandis que les déclarations de chômage partiel avaient diminué (environ 500 000 en février après 745 000 en janvier). Cela montre que le chômage partiel pourrait de nouveau légèrement augmenter pendant le confinement actuel mais devrait toutefois rester nettement en dessous de son niveau du printemps dernier. En chiffres non corrigés, le nombre de chômeurs enregistrés a légèrement augmenté pour s'élever à 2,90 millions de personnes. L'écart avec l'année précédente était de + 509 000 personnes. Les indicateurs provisoires basés sur les sondages de l'Institut de recherche sur l'emploi et les professions (IAB) et de l'Institut ifo ont connu des évolutions différentes en février. Alors que la situation de l'emploi s'est détendue dans l'industrie, les prestataires de services se montrent pessimistes. Les fermetures persistantes entraînent surtout une baisse de l'emploi dans le commerce de détail.

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[1] Communiqué de presse de l'Office fédéral de la Statistique du 24 février 2021