Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • Au dernier trimestre de 2020, une stagnation de l'économie allemande a été enregistrée suite au nouveau confinement. [1] Le produit intérieur brut n'a augmenté que légèrement de 0,1%. Sur l'ensemble de l'année 2020, la performance économique a diminué de 5,0 % en raison de la pandémie.
  • En décembre, l'industrie a réussi à augmenter davantage sa production malgré les mesures de restriction plus sévères prises dans le cadre du confinement. Seul le secteur de la construction a enregistré un recul de la production. Les entrées de commandes dans les industries manufacturières se trouvent nettement au-dessus du niveau d'avant la crise. Cela montre que l'industrie, contrairement au printemps, reste jusqu'à présent moins fortement affectée par les mesures.
  • Le commerce de détail a été violemment touché par le durcissement du confinement en décembre et les ventes de Noël ont été fortement affectées. Les chiffres d'affaires à l'exception des véhicules ont nettement diminué, bien que l'évolution ait été très différente selon les branches. Alors que les chiffres d'affaires dans la vente par correspondance et sur internet ont largement augmenté par rapport à l'année précédente, le commerce traditionnel a particulièrement été affecté par les mesures de lutte contre la pandémie.
  • L'évolution sur le marché du travail a jusqu'à présent été stable malgré le confinement. Corrigé des effets saisonniers, l'emploi a légèrement augmenté en décembre et le chômage a une nouvelle fois considérablement diminué en janvier. Le nombre de déclarations de chômage partiel pour les mois de décembre et janvier laisse cependant présager une possible hausse des travailleurs au chômage partiel.

Seulement une faible croissance en raison du confinement au dernier trimestre de 2020

Le produit intérieur brut n'a pratiquement plus augmenté au quatrième trimestre de 2020 (corrigé des prix, des effets calendaires et des variations saisonnières de 0,1 %) par rapport au trimestre précédent, après avoir enregistré une forte progression de 8,5 % au troisième trimestre. Le net processus de rétablissement qui avait été observé après la fin du premier confinement au printemps dernier, s'est largement arrêté suite au deuxième confinement. Le prolongement et le durcissement des mesures affectent aussi l'économie allemande au premier trimestre de 2021. Son évolution dépend désormais largement de la rapidité à laquelle le nombre de cas de coronavirus qui a augmenté cet hiver peut être de nouveau jugulé. Une chose est claire : l'économie ne peut se rétablir durablement que si la pandémie de coronavirus est endiguée. Cela vaut encore plus depuis que les mutations du coronavirus, qui sont encore plus contagieuses et augmentent le risque infectieux, se répandent.

Le redressement de la conjoncture a été freiné au quatrième trimestre de 2020 par la deuxième vaque de la pandémie et les mesures prises en conséquence pour la juguler. La consommation privée devrait avoir été particulièrement affectée suite aux restrictions de contact. Les durcissements ont également affecté le commerce stationnaire depuis la mi-mars, alors que les secteurs de l'hôtellerie-restauration, des arts et du divertissement étaient déjà fortement limités depuis novembre. Ces restrictions se poursuivent au cours des deux premiers mois de 2021. Les exportations de marchandises et le secteur de la construction devraient en revanche avoir soutenu le développement économique. L'évolution conjoncturelle continue d'être contrastée : tandis que l'industrie poursuit son évolution solide, le secteur tertiaire est fortement touché par les mesures d'endiguement de la pandémie. L'évolution sur le marché du travail reste stable. Depuis cet été, l'emploi est légèrement à la hausse et le chômage diminue de nouveau. Le deuxième confinement devrait entraîner une nouvelle hausse du chômage partiel mais rester tout de même nettement en dessous de son niveau du printemps dernier.

Le développement économique mondial affiche une tendance à la hausse

La conjoncture mondiale continue sa relance mais les indicateurs de conjoncture laissent présager un affaiblissement du processus de relance. La production industrielle mondiale a connu une nouvelle hausse de 1,1 % en novembre pour le septième mois consécutif. Grâce à cette évolution, la production industrielle mondiale a dépassé pour la première fois de nouveau son niveau d'avant la crise. Le commerce mondial a également dépassé pour la première fois de nouveau ce seuil important et a augmenté fortement en novembre de 2,1 %. Toutefois, les indicateurs de conjoncture continent d'indiquer un ralentissement du processus de reprise pour l'économie mondiale. Ainsi, l'indice composite des directeurs d'achat de J. P. Morgan / IHS Markit a diminué de nouveau en janvier et a atteint 52,3 points. Il reste tout de même au-dessus du seuil de croissance de 50 points. Cette évolution à deux vitesses avec une situation nettement meilleure dans l'industrie que dans le secteur tertiaire s'est poursuivie. Comme auparavant, les confinements affectant en premier lieu les secteurs des services devraient en être la cause.

Situation pratiquement inchangée pour le commerce extérieur à la fin de l'année

Après des augmentations nettes au cours des mois précédents, le commerce extérieur allemand a poursuivi sa croissance toutefois quelque peu ralentie en décembre. En données corrigées des variations saisonnières, la valeur des exportations de marchandises et de services a augmenté de 0,7 %. En comparaison trimestrielle, une hausse de 4,7 % a été enregistrée. En décembre, les importations ont enregistré une baisse de 0,4 % par rapport au mois précédent. En comparaison trimestrielle, une hausse de 2,8 % a toutefois été enregistrée en raison des nettes augmentations au cours des mois précédents.

Au niveau national, le confinement ne se reflète en attendant presque plus dans les indicateurs provisoires nationaux concernant les échanges extérieurs qui sont marqués par l'industrie. Les attentes en matière d'exportations établies par l'institut ifo pour les industries manufacturières ont fortement augmenté en janvier et étaient presque au même niveau qu'en octobre. En revanche, les entrées de commandes en provenance de l'étranger ont de nouveau diminué en décembre (-2,6 %) et ont ainsi corrigé la forte hausse de novembre (+2,9 %). Les perspectives pour le commerce extérieur allemand sont modérément positives compte tenu des moindres effets du confinement dans l'industrie.

Jusqu'à présent, l'industrie reste moins affectée par le nouveau confinement.

La production dans le secteur secondaire a stagné en décembre. Le niveau de la production (0,0 %) n'a pas changé par rapport au moins précédent. L'industrie a de nouveau enregistré une hausse et augmenté sa production de 0,9 %, tandis que la production dans le secteur de la construction a diminué de 3,2 %. Dans le secteur de la construction, la production était encore nettement au-dessus de son niveau d'avant la crise de coronavirus (+2,1 % par rapport au quatrième semestre de 2019). Pour novembre, l'augmentation dans les industries manufacturières a été légèrement corrigée à la hausse à 1,5 %. En comparaison trimestrielle, la production dans le secteur secondaire a augmenté fortement de 6,1 %. Dans l'industrie, la production a fortement progressé de 6,8 %, le secteur automobile important a même enregistré une hausse de 14,4 %. Dans les secteurs de la construction et de l'énergie, la production a progressé respectivement de 4,0 % et de 4,5 %.

La tendance à la hausse des entrées de commandes dans les industries manufacturières a pris fin en décembre. Elles ont diminué pour la première fois depuis mai 2020 de 1,9 %. La demande de biens d'équipements a reculé de 4,6 %, tandis que la demande de biens de consommation et de produits semi-finis a progressé respectivement de 6,4 % et de 0,8 %. Hors commandes importantes, la baisse des commandes a été presque aussi élevée (-2,0 %). Au cours du quatrième trimestre, les demandes ont augmenté de 7,0 % par rapport au troisième trimestre. Si les entrées de commandes dans les industries manufacturières ont légèrement reculé en décembre, elles ont cependant dépassé leur niveau d'avant le début de la crise au quatrième trimestre 2019 de presque 5 %.
Face à la situation pandémique et aux difficultés d'approvisionnement dans l'industrie des semi-conducteurs, les perspectives pour la conjoncture industrielle restent incertaines. L'affaiblissement des entrées de commandes, surtout dans le secteur automobile important et dans le reste de la construction automobile, et l'atmosphère morose dans les entreprises viennent conforter ce constat.

Le commerce de détail fortement affecté par la poursuite du confinement

Les chiffres d'affaires dans le commerce de détail à l'exception des véhicules automobiles ont fortement diminué à la fin de l'année et les mesures d'endiguement du nombre de cas de coronavirus ont beaucoup affecté les ventes de Noël. En novembre, les chiffres d'affaires ont chuté de 9,6 % par rapport au mois précédent, après une hausse de 1,1 % en novembre. L'évolution est cependant très différente selon les branches. Tandis que le commerce traditionnel et surtout le commerce de vêtements ont été très fortement touchés par les restrictions de contacts sociaux, la vente par correspondance et sur internet ont enregistré de nettes augmentations par rapport à l'année précédente. Le commerce, y compris de véhicules, a progressé de 0,7 % en novembre par rapport au mois précédent, après une hausse de 1,3 % en octobre. Les nouvelles immatriculations de voitures par des utilisateurs privés ont chuté de plus de 50 % en janvier après des hausses respectives de 15,0 % et 14,0 % en décembre et en novembre. Cette évolution devrait avoir été considérablement marquée par l'expiration de la diminution temporaire de la taxe sur la valeur ajoutée à partir du 1er janvier 2021.

Les attentes commerciales établies par l'institut ifo dans le commerce de détail se sont massivement dégradées en janvier. L'étude GfK du climat de la consommation prévoit quant à elle une nouvelle détérioration légère pour le mois de février. Les mesures de réduction du nombre de cas de coronavirus se reflètent désormais pleinement dans les deux indicateurs provisoires.

L'expiration de la diminution temporaire de la taxe sur la valeur ajoutée a aussi impacté considérablement l'évolution des prix à la consommation au début de l'année 2021. Les prix à la consommation ont augmenté de 0,8 % en janvier par rapport au mois précédent. Le taux d'inflation, l'évolution du niveau des prix par rapport à l'année précédente, s'élevait dernièrement à 1,0 % et était donc pour la première fois positif depuis juin dernier. Les prix des produits alimentaires ont quant à eux progressé de 2,2 %. Par contre, les prix des produits énergétiques ont eux diminué de 2,3 %, une baisse cependant beaucoup plus faible que les mois précédents (novembre : -7,7 % et décembre : -6,0 %). Le taux d'inflation sous-jacent, sans l’énergie et les produits alimentaires, a enregistré en janvier une hausse de 1,0 points de pourcentage et s’est établi à +1,4 %.

Le marché du travail reste stable - mais le chômage partiel devrait sans doute augmenter pendant le confinement

Évolution stable jusqu'à présent sur le marché du travail. L'emploi a poursuivi sa tendance haussière observée depuis cet été. Le chômage et le sous-emploi ont diminué en données corrigées des variations saisonnières. Cependant, la hausse du chômage partiel s'est poursuivie suite au confinement. En décembre, l'emploi a augmenté légèrement de 10 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières, tandis que la demande de main-d’œuvre est restée faible. L'emploi soumis aux cotisations sociales a augmenté sensiblement de 57 000 personnes en novembre en données corrigées des variations saisonnières. Selon les estimations, il y avait de nouveau plus de travailleurs au chômage partiel en novembre (2,3 millions en novembre contre 2,1 millions en octobre). Le nombre de déclarations de chômage partiel pour les mois de janvier et décembre (respectivement 745.000 jusqu'au 25 janvier et 781.000 personnes) laisse présager une poursuite de la hausse pendant le confinement actuel. Le nombre de travailleurs au chômage partiel devrait rester tout de même nettement en dessous de son niveau du printemps dernier. En janvier, le nombre de demandeurs d’emploi enregistrés s’est réduit nettement de 41 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières. En chiffres non corrigés, le chômage a augmenté pour s'élever à 2,90 millions de personnes. Ceci correspond à une baisse de 475 000 personnes par rapport au niveau de l’année précédente. Les indicateurs provisoires basés sur les sondages de l'Institut de recherche sur l'emploi et les professions (IAB) et de l'Institut ifo ont connu des évolutions plus faibles en janvier en raison du confinement.
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[1] Communiqué de presse de l'Office fédéral de la Statistique du 29 janvier 2021.