Wachstumskurve mit Kugelschreiber symbolisiert die wirtschaftliche Lage.

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  • L’économie allemande a poursuivi son rattrapage. Au quatrième trimestre, la dynamique conjoncturelle devrait néanmoins connaître un fort ralentissement en raison du confinement partiel en vigueur depuis début novembre et du confinement strict décidé dernièrement.
  • La production industrielle a continué de progresser au mois d’octobre. Le puissant secteur automobile est un moteur de cette croissance. Les entrées de commandes semblent indiquer une poursuite de la reprise dans ce secteur, mais l’évolution de la pandémie pourrait entraver cette dynamique.
  • Dans le commerce de détail hors secteur automobile, les volumes de ventes affichent une tendance en légère hausse. En novembre, les immatriculations de véhicules neufs enregistrées pour des particuliers atteignaient pratiquement la barre des 120 000, soit un niveau nettement plus élevé que les moyennes mensuelles de 2018 et 2019. Les indicateurs avancés laissent toutefois présager une dégradation du climat de consommation.
  • Le nouveau confinement partiel ne se ressent pas encore sur le marché du travail. En octobre et novembre, l’évolution du chômage, de l’activité partielle et de l’emploi est restée favorable. La nette augmentation des déclarations d’activité partielle en novembre semble indiquer une hausse du nombre de salariés en chômage partiel.

Situation générale : une reprise sur fond d’incertitude

Le processus de reprise économique s’est poursuivi, mais l’évolution de la pandémie constitue un risque. Après un recul historique du produit intérieur brut de 9,8 % au deuxième trimestre, l’économie allemande a connu un net rebond au troisième trimestre (+ 8,5 %). Elle était ainsi revenue à environ 96 % de son niveau du dernier trimestre 2019, avant le début de la pandémie. En octobre, la performance économique a largement poursuivi sa progression. La production industrielle était portée par une croissance vigoureuse dans le secteur automobile, avec des indicateurs une nouvelle fois en forte hausse. Les autres secteurs industriels enregistraient également une évolution positive. Les entrées de commandes dans le secteur manufacturier ont même dépassé d’environ 3 % leur niveau du quatrième semestre 2019. D’autres indicateurs de conjoncture vont dans le même sens : en octobre, les exportations ont augmenté pour la sixième fois consécutive. En outre, dans le commerce de détail, les ventes se sont de nouveau accrues en octobre. Les activités rémunérées et l’emploi soumis à cotisations sociales sont restés en hausse. Le chômage a connu un reflux sensible en novembre.

Les perspectives ne sont néanmoins pas favorables. Après une dégradation en novembre, l’indicateur ifo du climat des affaires est à présent légèrement négatif. Les entreprises tablent en effet sur une baisse d’activité, ainsi que sur des exportations en net repli. Le confinement partiel en vigueur depuis début novembre et les autres mesures de restrictions adoptées pour limiter les contacts sociaux pèsent en particulier sur le secteur de l’hôtellerie-restauration ainsi que sur les entreprises liées au tourisme et aux loisirs. Mais le confinement strict décidé récemment touche également d’autres domaines d’activité. En matière d’exportation, les prévisions sont prudentes, traduisant l’ampleur de la seconde vague de l’épidémie dans de nombreux pays d’Europe. Au quatrième trimestre, la croissance économique en Allemagne risque donc globalement de subir un net coup de frein.

L’économie mondiale toujours dans l’ombre de la pandémie

La conjoncture mondiale continue de se rétablir, mais les indicateurs du climat économique dénotent une certaine prudence. En septembre, la production industrielle mondiale demeurait en hausse (+ 0,9 %), pour le cinquième mois consécutif. Elle atteignait de nouveau plus de 98 % de son niveau en 2019. De même, les échanges commerciaux dans le monde, encore en progression en septembre (+ 2,1 %), se sont rapprochés de leur niveau de l’année dernière (plus de 98 % également). Les indicateurs du climat économique prévoient cependant un ralentissement de la reprise mondiale. Avec 53,1 points en novembre, l’indice composite des directeurs d’achat de J. P. Morgan / IHS Markit, en léger repli, demeurait toutefois supérieur au seuil de croissance de 50 points. Les indicateurs partiels dressent un tableau nettement plus positif pour l’industrie que pour les services. Cela tient probablement à l’évolution de la pandémie et aux mesures de confinement adoptées dans de nombreux pays, qui ont surtout frappé les activités du secteur tertiaire.

Échanges commerciaux extérieurs : une croissance moins dynamique

Les exportations de biens et de services ont poursuivi leur croissance en octobre, quoiqu’à un rythme moins soutenu. Corrigée des variations saisonnières et à prix courants, leur valeur a augmenté de 1,5 % par rapport au mois de septembre, soit une hausse de six mois consécutifs. En comparaison sur deux mois (septembre/octobre par rapport à juillet/août), on note une augmentation sensible (+ 3,7 %). Les importations de biens et de services n’ont connu qu’une légère progression en octobre par rapport à septembre (+ 0,7 %). En comparaison sur deux mois, la hausse est de 2,4 %.

La recrudescence de l’épidémie et les mesures de confinement prises par de grands partenaires économiques de l’Allemagne ne se répercutent que partiellement sur les indicateurs avancés nationaux, qui dressent un tableau mitigé. Les prévisions d’exportations établies par l’institut ifo pour le secteur manufacturier pour le prochain trimestre, déjà en repli au mois d’octobre, laissent attendre une contraction en novembre. Cela s’explique par la violence de la seconde vague de l’épidémie dans de nombreux pays européens. Les entrées de commandes reçues de l’étranger continuent cependant d’augmenter en octobre (+ 3,2 %), comme elles le font depuis le mois de mai. Les mesures prises pour lutter contre la pandémie assombrissent les perspectives pour le commerce extérieur allemand. Cet impact devrait toutefois concerner le secteur tertiaire plus que les activités manufacturières.

La conjoncture industrielle portée par le dynamisme du secteur automobile

En octobre, la production dans le secteur manufacturier poursuit sa progression. La production a grimpé de 3,2 % par rapport au mois de septembre. Pour septembre, après des données revues à la hausse, l’augmentation s’établit à 2,3 %. En octobre, la production s’est accrue aussi bien dans l’industrie (+ 3,3 %) que dans le BTP (+ 1,6 %). Dans l’industrie, la croissance est portée par le dynamisme du secteur automobile, qui enregistre un bond de 9,9 %. La croissance de la production se ressent également dans la plupart des autres secteurs industriels. En comparaison sur deux mois (septembre/octobre par rapport à juillet/août), la progression de la production est de 4,1 % pour le secteur manufacturier. L’industrie et le BTP ont enregistré des hausses de 4,0 %. Le secteur de l’énergie grimpe de 5,9 %.

En octobre, les entrées de commandes du secteur manufacturier poursuivent leur progression continue depuis mai 2020. Elles augmentent de 2,9 % supplémentaires en octobre. En comparaison sur deux mois, elles grimpent de 5,0 %. Les commandes provenant d’Allemagne et des pays hors zone euro ont connu une plus forte hausse que celles issues de la zone euro. Au mois d’octobre, les commandes cumulées ont excédé leur niveau du quatrième trimestre 2019 (leur niveau d’avant la pandémie) d’environ 3 %. Dans le secteur automobile, elles les dépassent même de 8 % environ et de près de 5 % dans celui de la construction mécanique.

Le secteur manufacturier sort progressivement de la crise. La production industrielle a atteint dernièrement près de 96 % de son niveau du quatrième trimestre 2019. Cependant, même si les entrées de commandes semblent poursuivre leur trajectoire de reprise, l’incertitude reste grande : l’évolution de la conjoncture industrielle restera influencée par celle de l’épidémie et par les mesures de confinement.

Le commerce de détail en modeste progression

Dans le commerce de détail, le volume des ventes évolue depuis le mois de mai au-dessus du niveau d’avant la crise. En octobre, les volumes de ventes du commerce de détail hors secteur automobile ont progressé de 2,6 %, après un recul de 1,9 % au mois de septembre. Le marché des véhicules a enregistré une hausse de 1,9 % en septembre, après une baisse de 3,9 % en août et un bond de 23,0 % en juillet. Il a dépassé nettement son niveau de février, avant l’épidémie de Covid-19. Les immatriculations de véhicules neufs enregistrées pour des particuliers ont augmenté de 14 % (contre + 2,3 % en octobre). Elles étaient dernièrement de près de 120 000 voitures par mois, soit une valeur supérieure aux moyennes mensuelles de 2018 et 2019.

Les indicateurs avancés reflètent l’évolution de l’épidémie au cours des dernières semaines ainsi que le confinement partiel, mais pas encore le confinement strict décidé le 13 décembre. L’indicateur ifo du climat des affaires dans le commerce de détail est en net repli pour le mois de novembre. Les prévisions négatives prédominent. L’étude GfK du climat de consommation table sur une poursuite de la dégradation en décembre.

En novembre, les prix à la consommation enregistrent un fléchissement sensible par rapport au mois d’octobre (- 0,8 %). Au cours des mois précédents, la baisse provisoire des taxes sur le chiffre d’affaires, largement répercutée au profit des consommateurs, avait eu un net impact sur l’évolution des prix. La diminution plus récente tient en revanche aux voyages à forfait : leur prix a fortement chuté par rapport au mois précédent, mais la demande est, elle aussi, beaucoup moins importante que d’habitude à cette période de l’année. Le taux d’inflation — l’évolution des prix par rapport à l’année précédente — était de - 0,3 % en novembre (contre -0,2 % en octobre), soit le taux le plus bas enregistré depuis janvier 2015. Les prix des produits énergétiques et ceux des voyages à forfait ont chuté de respectivement 7,7 % et 4,4 %. Le taux d’inflation reste stable pour les produits alimentaires (+ 1,4 %) et le logement (+ 1,3 %). Quant aux services, ils enregistrent une légère hausse de prix (+ 1,1 %). L’inflation sous-jacente (hors énergie et produits alimentaires) reste stable pour le mois de novembre (+ 0,5 %).

Un impact moins fort sur le marché du travail — mais le recours à l’activité partielle devrait repartir à la hausse

La reprise du troisième trimestre s’est accompagnée d’une évolution favorable sur le marché du travail. L’emploi a légèrement progressé depuis l’été, tandis que le chômage et le sous-emploi reculaient du fait d’un moindre recours à l’activité partielle. À la suite des mesures de restriction, une hausse de l’activité partielle est cependant perceptible. L’emploi en données corrigées des variations saisonnières a augmenté (+ 20 000) en octobre, soit une progression pour le quatrième mois consécutif. La demande de main-d’œuvre reste toutefois modérée, notamment en raison de faibles fluctuations. Corrigé des variations saisonnières, l’emploi soumis à cotisations sociales a fortement augmenté (+ 31 000) en septembre. Les déclarations d’activité partielle concernaient 2,2 millions de salariés en septembre, soit environ 330 000 de moins qu’en août. Mais les déclarations enregistrées du 1er au 25 novembre (537 000 personnes concernées) indiquent que cet indicateur repart nettement à la hausse. En données corrigées des variations saisonnières, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits a diminué de 39 000 en novembre. En valeurs non corrigées, le nombre de demandeurs d’emploi est retombé à 2,70 millions. L’écart avec l’effectif de 2019 se réduit de près de 120 000 personnes depuis l’été, pour s’établir à + 519 000 au total. Les indicateurs avancés, qui s’appuient sur des sondages réalisés par l’Institut de recherche sur l’emploi et les professions (IAB), l’institut ifo et l’Agence fédérale pour l’emploi, étaient encore en légère hausse au début du confinement partiel.