Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • L'économie allemande poursuit sa reprise. Toutefois, le nombre de cas de coronavirus à l'échelle nationale et internationale continue de freiner la relance économique. Après une première forte reprise en mai et juin, la relance se fait plus modérée.
  • La reprise dans la production industrielle a été interrompue en août. Le secteur important que représente les véhicules et les composants automobiles en est responsable. Toutefois, les perspectives restent positives en raison des entrées de commandes qui sont redevenues plus nombreuses et d'une nouvelle amélioration du climat des affaires pour les entreprises.
  • La consommation des ménages connaît également une reprise. Depuis mai, les chiffres d'affaires dans le commerce de détail sans le commerce de véhicules sont plus élevés qu'avant la crise. Les ventes de véhicules ont connu une nette reprise qui devrait se poursuivre. Les indicateurs de conjoncture indiquent une hausse des dépenses de consommation pendant le deuxième semestre.
  • Les conséquences de la pandémie de coronavirus sur le marché du travail restent particulièrement prononcées, mais une légère amélioration se laisse distinguer. En septembre, le chômage a de nouveau diminué. Le chômage partiel perd également peu à peu en importance. L'emploi a augmenté en août pour le deuxième mois consécutif. Les indicateurs provisoires laissent apparaître de nouvelles améliorations.

Situation générale : La relance économique se poursuit

L'économie allemande poursuit peu à peu sa relance. Après une première reprise évidente en mai et en juin à la suite de la suspension des mesures strictes de confinement, la reprise se poursuit toutefois péniblement. La pandémie de coronavirus continue à provoquer une modification du comportement des consommateurs et des investisseurs. Les secteurs économiques qui jouent un rôle majeur pour les contacts sociaux sont particulièrement concernés. Cependant, bien que le nombre de cas soit inquiétant, les indicateurs de conjoncture actuels signalent une poursuite de la relance de l’économie, qui est soutenue par un vaste train de mesures du gouvernement fédéral, qui sont aptes à soutenir la conjoncture. Ceci devrait conduire à la plus grande croissance trimestrielle jamais enregistrée en raison du bon début du troisième trimestre. Les indicateurs signalent la poursuite de ce processus de reprise pour le quatrième trimestre, même si celui-ci ralentit quelque peu. Dans leur rapport du groupe d’analyse et de prévision économiques, les instituts de recherche économique prévoient désormais une chute du produit intérieur brut pour l'année actuelle de 5,4 %. Dans ses prévisions intermédiaires de début septembre, le gouvernement fédéral avait encore tablé sur une baisse de 5,8 %. [1]

L'économie mondiale reste sur une trajectoire de reprise

La conjoncture mondiale continue d'être entravée par la pandémie, mais elle réussit à connaître une reprise qui reste modérée. La production industrielle mondiale a augmenté en juillet pour le troisième mois consécutif, mais celle-ci reste inférieur de près de 4,5 % au niveau de l'année dernière. Le commerce mondial a également connu une hausse et a augmenté de 4,8 % par rapport à juin, ce qui reste toutefois environ 6,5 % en deça du niveau de l’année précédente. Les indicateurs de conjoncture continuent d'être source d'optimisme. Avec 52,1 points en septembre, l'indice des directeurs d'achat de J. P. Morgan / IHS Markit a certes légèrement diminué en raison des estimations plus faibles des prestataires de services, mais il restait ainsi largement supérieur à son seuil de croissance. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) estime maintenant que le commerce mondial va connaître une baisse beaucoup moins forte (-9,2 %) en 2020 que ce que l'on craignait au printemps. Le Fonds monétaire international a également annoncé une légère révision à la hausse de ses prévisions pour le PIB mondial et pour le commerce international.

Les échanges commerciaux extérieurs de l'Allemagne nécessitent un travail de longue haleine

Une nouvelle augmentation des exportations de marchandises et de services a été enregistrée en août. En chiffres corrigés des variations saisonnières, les exportations nominales ont augmenté de 2,2 % par rapport au mois précédent, et ce après avoir déjà augmenté en mai, juin et juillet. Comparées sur deux mois, les exportations ont donc connu une nette augmentation de 11,6 % en juillet/août par rapport à mai/juin. Les importations de marchandises et de services ont elles connu une forte reprise de 4,2 %. Comparées sur deux mois, les importations ont ainsi progressé de 8,5 %.

À cette perspective, les entreprises allemandes sont plus optimistes. En septembre, les attentes en matière d'exportations établies par l'institut ifo pour les industries manufacturières étaient encore bien plus positives qu'en août. Les entrées de commandes issues de l'étranger ont de nouveau enregistré une forte croissance de 6,5 % en août et se trouvaient ainsi largement au dessus du niveau de l'année précédente lors du quatrième trimestre de 2019.

Les perspectives pour le commerce extérieur allemand sont globalement positives, mais des risques persistent. En raison d'une reprise des activités économiques dans un grand nombre de pays, le commerce extérieur allemand devrait continuer à croître. Cependant, les risques pour l'économie mondiale dus à la pandémie restent élevés. Dans le monde entier, la pandémie est encore loin de perdre en importance. Même sans une nouvelle chute du commerce mondial, le processus de relance du commerce extérieur allemand devrait encore durer quelques temps.

Les congés dans le secteur automobile freinent la conjoncture industrielle

Le processus de reprise dans le secteur secondaire a été interrompu en août. La production a diminué de 0,2 % par rapport au mois précédent en chiffres corrigés des variations saisonnières. Cette diminution s'élevait à 0,7 % dans l'industrie. La principale raison pour ce faible rendement a été les congés dans le secteur automobile et des composants automobiles. Ceux-ci contribuent grandement à la chute de la production de 12,5 % dans ce secteur d'activité économique majeur, après que ce secteur a connu une forte reprise. Les associations indiquent une augmentation particulièrement marquée de la production automobile en septembre. En outre, la diminution de 1,8 % dans le secteur de la construction mécanique a mis un frein à l'ensemble du processus de reprise en raison notamment d'une demande extérieure qui reste encore faible. En août, la production industrielle totale a toutefois déjà atteint près de 88 % de son niveau d'avant la crise de février 2020. Pour la période juillet/août, la production industrielle était supérieure de 10 points de pourcentage par rapport à la moyenne du deuxième trimestre. Dans le secteur de la construction, un léger recul de la production de 0,3 % a été enregistré en août. Dans le secteur de l’énergie, la production a enregistré une forte augmentation de 6,7 %. Comparée sur deux mois, la production dans le secteur secondaire a augmenté de 5,8 % en juillet/août par rapport à mai/juin. La production dans l'industrie a augmenté de 8,1 % pour la même période. Le secteur de la construction a enregistré une diminution de 3,4 %, tandis que le secteur de l’énergie a connu une hausse de 5,0 %.

Les entrées de commandes dans les industries manufacturières ont augmenté de 4,5 % en août par rapport au mois précédent, ce qui est encore plus important qu'en juillet, où elles avaient augmenté de 3,3 %. La demande de produits semi-finis, de biens d'équipement et de biens de consommation a connu une hausse similaire. La croissance des entrées de commandes est surtout due à une forte augmentation du volume des commandes issues de la zone euro (+14,6 %). Les commandes en provenance de l'Allemagne ou hors zone euro ont en revanche seulement légèrement augmenté (+1,7 % et +1,5 % respectivement). Comparées sur deux mois, les commandes ont donc connu une augmentation de 18,9 % en juillet/août par rapport à mai/juin. Suite à l'assouplissement des mesures de confinement, la reprise industrielle s'est poursuivie. En août, les entrées de commandes étaient de nouveau légèrement inférieures à la moyenne du quatrième trimestre 2019. Cependant, des effets de rattrapage en ce qui concerne les commandes en provenance de l'étranger ont joué un rôle important ici.

Malgré la perte d'élan prévisible due à la reprise croissante, les indicateurs du climat des affaires, tels que l'indicateur ifo du climat des affaires et l'indice des directeurs d'achat de IHS Markit / BME, continuent d'indiquer une poursuite de la reprise de la conjoncture industrielle. Le processus de reprise devrait se poursuivre dans les prochains mois.

Le commerce de détail continue à augmenter après une forte reprise en mai

Le niveau d'avant la crise a déjà été largement dépassé depuis mai. Les chiffres d'affaires dans le commerce de détail sans le secteur automobile suivent une tendance à la hausse depuis mai, qui s'est d'ailleurs poursuivie en août avec une augmentation de 3,1 %. Le commerce de véhicules a de nouveau augmenté en juillet (+22,6 %) et a dépassé pour la première fois son niveau d'avant la crise en février. Le nombre de nouvelles immatriculations de voitures des utilisateurs privés a certes encore baissé en septembre (-3,5 % ; août -7,2 %), il avait toutefois enregistré une croissance particulièrement prononcée de 87,4 % en juillet. Dernièrement, le nombre de nouvelles immatriculations par des utilisateurs privés était encore supérieur au chiffre de 100 000 voitures par mois.

Les indicateurs provisoires laissent attendre une poursuite de cette reprise. En septembre, l'indice ifo du climat des affaires pour le commerce de détail s'est de nouveau légèrement amélioré. En général, les prévisions sont plutot positives. L'étude GfK du climat de la consommation présente une légère amélioration pour octobre. En ce qui concerne les prix à la consommation, la baisse provisoire des impôts sur le chiffre d'affaires a de nouveau eu un effet atténuant en septembre, puisqu'elle a été en grande partie redonnée aux consommateurs. Par rapport à août, les prix ont de nouveau baissé (-0,2 %), ce qui est dû en particulier à l'évolution dans le secteur des services et en première ligne aux voyages à prix forfaitaire. Le taux d'inflation, c'est-à-dire l'évolution des prix en glissement annuel, s'élevait à 0,0 % en août et à -0,2 % en septembre. La dernière fois qu'un taux d'inflation plus faible a été enregistré remonte à janvier 2015. Les prix pour les produits énergétiques ont diminué de 7,1 %. En ce qui concerne les produits alimentaires, le taux d’inflation a de nouveau faibli quelque peu (+0,6 %). Quant aux services, l'augmentation des prix se poursuit (+1,0 %). L'inflation sous-jacente (hors énergie et produits alimentaires) s'élève en septembre à +0,5 %, après avoir atteint +0,7 % lors du mois précédent.

Le coronavirus continue de se faire sentir sur le marché du travail - premières améliorations

Lors du trimestre d'été, la situation commence à s'améliorer sur le marché du travail. Pour le deuxième mois consécutif, l'emploi a légèrement progressé, tandis que le chômage et le sous-emploi ont un peu diminué avec le ralentissement du chômage partiel. L'emploi en données corrigées des variations saisonnières a augmenté de 19 000 personnes en août. Il faudra toutefois encore attendre plusieurs trimestres avant d'atteindre le niveau d'avant le début de la pandémie de coronavirus. Les offres d'emploi et donc la demande de main-d’œuvre continuent à progresser de manière très modérée. Corrigé des variations saisonnières, l'emploi soumis aux cotisations sociales a augmenté faiblement (+5 000 personnes) comme lors du mois précédent, mais il reste toutefois encore largement inférieur au niveau record atteint en février avant le début de la pandémie, avec toujours 400 000 personnes de moins qu'en février. Pour le chômage partiel, la tendance à la baisse se poursuit. 4,2 millions d'employés étaient au chômage partiel en juillet, ce qui représente 400 000 personnes de moins qu'en juin. En septembre, le nombre de demandeurs d’emploi enregistrés a diminué de 8 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières. En chiffres non corrigés, le chômage est retombé à 2,85 millions de personnes. Ceci correspond à une baisse de 613 000 personnes par rapport au niveau de l’année précédente. Les indicateurs provisoires améliorés basés sur des sondages de l'Institut de recherche sur l'emploi et les professions (IAB), de l'institut ifo et de l'Agence fédérale pour l'emploi laissent entrevoir de légères améliorations sur le marché du travail.


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[1] Le présent rapport se base sur des données disponibles au 14 octobre 2020. Sauf indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente et sont établis sur la base de données corrigées de l'influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières.