Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • La situation économique en Allemagne n'évolue pas beaucoup. Toutefois, certains signaux semblent indiquer la fin prochaine de la récession dans l'industrie et d'une reprise conjoncturelle progressive de l'économie allemande.
  • La tendance est toujours à un ralentissement de la production industrielle, mais une stabilisation des entrées de commandes est perceptible. La production dans le secteur de la construction connaît des variations mensuelles mais reste à un niveau élevé.
  • Au début du quatrième trimestre, les indicateurs relatifs à la consommation des ménages envoient des signes de faiblesse. Les revenus disponibles des ménages continuent cependant de progresser.
  • Les exportations allemandes ont augmenté substantiellement en octobre ainsi que pendant tout le troisième trimestre.
  • Le marché du travail a continué d'évoluer positivement malgré la faiblesse conjoncturelle.

Selon les indicateurs, l'économie allemande stagne plus ou moins au dernier trimestre aussi. Des lueurs d'espoir sont toutefois perceptibles. Au troisième trimestre, l'activité économique a augmenté de 0,1 %, ce qui représente une très légère hausse par rapport au trimestre précédent.[1] Pour le secteur des services et de la construction, le marché intérieur continue de soutenir la croissance. L'industrie continue de souffrir de la faiblesse des investissements dans le monde entier qui est due notamment à des conflits commerciaux. La production devrait continuer de chuter. Les entrées de commandes et les chiffres d'affaires se sont toutefois stabilisés à un bas niveau lors des derniers mois. Ceci est aussi valable pour le climat des affaires qui s'est quelque peu éclairci en octobre et en novembre. Les exportations ont notamment enregistré une reprise depuis le milieu de l'année. Ceci laisse entrevoir une stabilisation progressive de la conjoncture industrielle et peut-être même une embellie dès le début de l'année 2020. Il reste évidemment beaucoup d'incertitudes face à la situation difficile en ce qui concerne le commerce extérieur et il convient donc d'attendre de voir si le peu de signaux positifs mènent à des développements positifs.

La conjoncture mondiale continue d'être influencée par les conflits commerciaux et une conjoncture industrielle mondiale qui reste faible. Jusqu'en septembre, le commerce mondial n'a pas encore connu de reprise. Le volume reste inférieur à l'année précédente. La production industrielle mondiale ne connaît pas de reprise non plus bien qu'il y ait des différences par régions et des variations mensuelles. L'indice composite PMI de Markit a connu une légère amélioration en novembre. Les indicateurs partiels enregistrent une augmentation tant pour l'industrie que pour les services. En s'appuyant sur les indicateurs présentant la situation actuelle, les organisations internationales prévoient un développement peu dynamique mais tout de même positif de l'économie mondiale pour l'année en cours et l'année prochaine.

Malgré la faiblesse de l'économie mondiale, les exportations allemandes ont évolué récemment de manière positive. Par rapport au mois précédent, les exportations de biens et de services ont augmenté de 1,1 % en octobre après correction des variations saisonnières et à prix courants. Comparées sur deux mois, elles enregistrent même une augmentation de 1,8 %. Cependant, la plupart des entreprises ne s'attendent pas à une forte augmentation des exportations allemandes dans les prochains mois selon les attentes en matière d'exportations de l'institut ifo. Les attentes se sont même dégradées légèrement entre octobre et novembre. Corrigées des variations saisonnières et à prix courant, les importations de biens et de services ont connu une légère diminution de -0,1 % en octobre par rapport à septembre, mais ont nettement augmenté comparées sur deux mois (+1,7 %). Avec une légère baisse des prix à l’importation, les importations devraient même avoir augmenté beaucoup plus en termes réels.

Dans l'industrie, la faiblesse conjoncturelle persiste, alors que le secteur de la construction continue de fonctionner à plein régime avec des variations mensuelles. En octobre, la production dans le secteur secondaire a chuté de 1,7 %. La production dans l'industrie et dans le secteur de la construction a diminué respectivement de 1,7 % et de 2,8 %. La production d'énergie enregistre une augmentation de 2,3 %. Comparée sur deux mois, la production dans le secteur secondaire a accusé une baisse de 1,1 % en septembre/octobre par rapport à juillet/août. Dans l'industrie, des baisses importantes de la production dans l'industrie automobile et dans la construction mécanique se sont traduites par un recul de -2,9 % et -2,2 % respectivement. Les évolutions indiquées par les indicateurs précurseurs semblent montrer une stabilisation de la situation. Les entrées de commande dans les industries manufacturières et l'indice ifo du climat des affaires se sont stabilisés au cours des derniers mois.

Lors du troisième trimestre, les dépenses de consommation des ménages ont augmenté de 0,4 % et ont soutenu efficacement l'évolution conjoncturelle. L'augmentation importante des revenus disponibles des ménages lors du troisième trimestre y a vraisemblablement contribué. Ils ont connu une augmentation de 3,1 % par rapport à l'année précédente. Les chiffres d'affaires du commerce de détail sans le commerce automobile, qui représente près d'un tiers des dépenses de consommation des ménages, ont baissé de 1,9 % en octobre par rapport à septembre, mais se trouve toujours à un niveau élevé. En comparaison sur deux mois, une baisse de 0,9 % a été enregistrée. Les immatriculations de nouvelles voitures ont continué d'augmenter comme lors du mois précédent, avec une croissance de 8,6 % de croissance en novembre. Elles étaient ainsi légèrement supérieures à la moyenne. Le climat des affaires dans le commerce de détail est positif et s'est sensiblement amélioré en novembre. En novembre, les prix à la consommation ont diminué de 0,8 % par rapport au mois précédent, ce qui est dû essentiellement à la diminution des prix à caractère saisonnier pour les voyages à prix forfaitaire. Le taux d'inflation à 1,1 % reste stable. La diminution importante des prix pour les carburants freine considérablement le taux d’inflation annuel. Le taux d'inflation sous-jacente augmente légèrement de 1,6 %.

Le marché du travail était plus stable en octobre que lors des mois précédents. Corrigé des variations saisonnières, le nombre de personnes exerçant une activité professionnelle a augmenté de 30 000 personnes par rapport au mois précédent. La dernière augmentation plus importante remonte à février. En comparaison avec l'année dernière (+320 000 personnes à l'origine), il est évident que de plus en plus de personnes ont un emploi. Avec une progression corrigée des variations saisonnières de 70 000 personnes en septembre par rapport au mois précédent, les emplois soumis aux cotisations de sécurité sociale ont connu la plus grande augmentation lors de l'année en cours. Le nombre de chômeurs a baissé de 16 000 personnes en novembre et est ainsi passé sous la barre des 2,2 millions de personnes. Le sous-emploi a également reculé avec 7 000 personnes en moins. Les indicateurs précurseurs envoient des signaux mitigés : ils indiquent une augmentation de l'emploi dans le secteur des services mais une diminution dans l'industrie. Le taux de chômage pourrait légèrement augmenter.

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[1] Le présent rapport se base sur des données disponibles au 13 décembre 2019. Sauf indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente et sont établis sur la base de données corrigées de l'influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières.