Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • La phase de ralentissement de l’économie allemande, affectée par la dégradation mondiale de la conjoncture, se poursuit. Si la situation ne devrait pas aboutir à une crise, les indicateurs ne prévoient pour le moment aucun revirement de tendance.
  • La production et les entrées de commandes industrielles ont eu tendance à reculer, tandis que la construction s’est stabilisée à niveau élevé.
  • Les exportations allemandes ont encore légèrement baissé. Cependant, les dépenses de consommation publiques et des ménages continuent de soutenir l’économie.
  • Sur le marché du travail, la création d’emplois s’est ralentie du fait de la conjoncture. Étonnamment, le taux de chômage déjà bas a encore diminué.

Le ralentissement de l’économie allemande se poursuit. L’activité économique du pays se stabilise plus ou moins au niveau atteint. Les pertes en création de valeur dans le secteur industriel, toujours en proie au ralentissement, sont compensées, dans une large mesure, par la croissance du secteur des services et du bâtiment. Les indicateurs conjoncturels s’y rapportant ne laissent pas encore présager de changement radical de la situation. Mais un ralentissement plus prononcé, voire une récession, ne sont pas à l’ordre du jour. Traditionnellement portée par ses exportations, l’industrie allemande continue de souffrir du manque de dynamisme du commerce international, de la stagnation de la conjoncture industrielle mondiale et du tassement général de la demande automobile. La propension à l’investissement dans le pays en est affectée et la demande intérieure en biens intermédiaires et en biens d’équipement aussi. Jusqu’à présent, les secteurs de l’économie nationale moins tributaires des exportations ont été relativement épargnés. Par contre, la demande publique et des ménages en biens de consommation et celle dans le secteur de la construction sont stimulantes.

La conjoncture mondiale reste morose. Sur fond de mesures protectionnistes et de tergiversations autour du Brexit, le commerce international s’est une nouvelle fois contracté en juillet par rapport au mois précédent. Tandis qu’elle continue de ralentir dans les économies nationales développés, la production industrielle s’est un peu plus accélérée dans les économies émergentes, notamment en Asie. En dépit d’une légère amélioration, l’indicateur de confiance IHS Markit PMI pour l’industrie mondiale reste inférieur au seuil de croissance. Compte tenu des différends commerciaux latents et de l’environnement géopolitique complexe, les organisations internationales tablent sur une évolution de l’économie mondiale certes moins dynamique, mais toujours orientée à la hausse.

Ce manque de dynamisme mondial continue de peser sur le commerce extérieur allemand. De juillet à août, les exportations de biens et de services ont reculé de 2,4 %, après correction des variations saisonnières et en prix courants. Sur une période de deux mois, les chiffres révèlent une certaine stagnation (+0,1 %). D’après le baromètre ifo, les entreprises ne s’attendent pas à une reprise des exportations au cours des prochains mois. L’indice correspondant s’est dégradé en septembre, affichant le niveau le plus bas depuis la crise financière. En août, les importations de biens et de services ont baissé de 1,2 %, après correction des variations saisonnières et en prix courants, en dépit de la conjoncture intérieure solide. Le recul est de 1 % sur une période de deux mois.

Malgré un léger sursaut actuellement, l’industrie souffre d’un ralentissement, tandis que le secteur de la construction continue de prospérer. La production du secteur secondaire s’est timidement améliorée en août (+0,3 %). Tandis que la fabrication industrielle a augmenté de 0,7 %, le secteur de la construction a enregistré une baisse de 1,5 %. Sur deux mois, la production a donc progressé de 0,5 % dans le secteur de la construction. L’industrie manufacturière a annoncé une baisse de la production de 0,9 %. Les trois grands secteurs industriels accusent tous un repli : biens d’équipement 0,6 %, biens intermédiaires 1,1 % et biens de consommation 1,2 %. Les indicateurs nationaux ne laissent pas entrevoir de redressement prochain de la conjoncture industrielle. En août, les entrées de commandes industrielles étaient inférieures de 1,7 % à la valeur moyenne du deuxième trimestre. L’environnement économique mondial incertain continue de peser sur le moral des entreprises.

Les dépenses de consommation des ménages restent un pilier de l’économie intérieure. En août, les chiffres d’affaires du commerce de détail (hors automobile) ont progressé de 0,5 % par rapport au mois précédent. Sur deux mois (juin/juillet), ils étaient supérieurs de 2,8 % à la même période de l’année précédente, après correction du nombre de jours ouvrables. Les nouvelles immatriculations de véhicules ont augmenté de 3,5 % au troisième trimestre, mais en raison de la faiblesse du dernier mois, elles accusent un recul de 4,7 % chez les particuliers. Le climat des affaires du commerce de détail reste positif et meilleur que la moyenne pluriannuelle, même s’il s’est légèrement détérioré en septembre.

Le net ralentissement de la création d’emplois depuis mars s’est également ressenti en août. L’emploi a continué de progresser par rapport au mois précédent, mais de seulement 10 000 personnes. En 18 mois et par rapport à l’année 2018, l’augmentation en chiffres non corrigés est inférieure de moitié, à 333 000 personnes. Mais la création d’emplois assujettis aux cotisations sociales obligatoires a été remarquablement forte et a concerné 46 000 personnes en juillet. En septembre, 10 000 demandeurs d’emploi en moins ont été recensés, après trois mois sans changement ou presque. Suite à l’embellie automnale, on compte donc environ 2,2 millions de personnes au chômage, en chiffres non corrigés. La tendance est similaire dans le sous-emploi. D’après les indicateurs avancés, la création d’emploi devrait ralentir, dans un contexte de chômage en légère augmentation.

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Remarque :
Une présentation et des commentaires détaillés de la situation économique et de son évolution seront publiés dans le numéro de novembre du rapport mensuel « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik ». Cette publication devrait être mise en ligne à partir de la semaine calendaire 44 sur le site Internet du ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie.

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[1] Ce rapport renvoie à des données disponibles jusqu’au 11 octobre 2019. Sauf indication divergente, il s’agit de taux de changements par rapport à l’avant-période correspondante, calculés sur la base de données corrigées de l’influence des prix, des effets de calendrier et des variations saisonnières.