Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

© iStockphoto.com/blackred

  • L’économie allemande connaît une phase de ralentissement. Traditionnellement portée par ses exportations, elle pâtit du fléchissement de la conjoncture industrielle mondiale. Si la situation ne devrait pas se dégrader davantage, les indicateurs ne prévoient pour le moment aucun revirement de tendance.
  • La production du secteur secondaire continue de tourner au ralenti tandis que les entrées de commandes sont toujours en baisse dans le secteur de l’industrie manufacturière. Cependant, la conjoncture du secteur du bâtiment reste dynamique.
  • Les exportations allemandes se tassent. La conjoncture est néanmoins dopée par les dépenses de consommation publiques et des ménages.
  • Sur le marché du travail, la création d’emploi a ralenti du fait de la conjoncture et la baisse du faible taux de chômage ne s’est pas poursuivie.

L’économie allemande connaît une phase de ralentissement. Après un bon début d’année marqué par une augmentation de 0,4 % du produit intérieur brut, en données corrigées des prix, la performance macroéconomique a perdu 0,1 % [1] au deuxième trimestre. Un ralentissement plus important, voire une récession, ne sont pas à l’ordre du jour. Cependant, les indicateurs ne prévoient pas non plus d’embellie conjoncturelle. Traditionnellement portée par ses exportations, l’industrie allemande souffre toujours de l’essoufflement du commerce international et de la stagnation de la conjoncture industrielle mondiale. Au deuxième trimestre, les exportations vers l’Union européenne et, notamment, vers le Royaume-Uni ont accusé la plus forte baisse. La conjoncture intérieure n’a pas été épargnée mais reste très solide jusqu’à présent. D’importantes forces de redressement économique issues de l’économie nationale sont cependant à l’œuvre, même si leur effet est parfois atténué. La consommation publique et des ménages ainsi que la production dans le secteur de la construction dopent l’économie. Les incertitudes suscitées par les différends commerciaux et le Brexit perdurent, toutefois l’économie mondiale s’adapte peu à peu aux nouvelles évolutions et les entrepreneurs continueront de rechercher des opportunités.

Les différends commerciaux latents et le difficile environnement géopolitique continuent de peser sur la conjoncture mondiale. En juin, la production industrielle mondiale et le commerce international sont restés en recul, comme depuis l’automne 2018. Le climat de l’industrie mondiale s’est légèrement amélioré au mois d’août, mais l’indicateur de confiance IHS Markit PMI stagne en dessous de son seuil de croissance. Déjà glacial, le baromètre ifo du climat de l’économie mondiale s’est encore assombri au troisième trimestre 2019. Compte tenu de la concentration des risques mondiaux, les organisations internationales tablent sur une évolution de l’économie mondiale moins dynamique, mais toujours à la hausse.

Le manque de dynamisme du commerce international se répercute également sur le commerce extérieur allemand. Entre juin et juillet, les exportations de biens et de services ont certes augmenté de 1,7 % après correction des variations saisonnières et en prix courants, et de 0,7 % en comparaison sur deux mois, mais ces progressions partaient d’un faible niveau. D’après le baromètre ifo sur les attentes en matière d’exportations, qui s’est légèrement redressé en août, la majeure partie des entreprises ne prévoient pas non plus de hausse des exportations pour les mois à venir. En juillet, les importations de biens et de services ont baissé de 0,8 %, après correction des variations saisonnières et en prix courants. Comparées sur deux mois, elles ont enregistré un faible recul de 0,1 %.

Tandis que la conjoncture reste dynamique dans le secteur de la construction, le ralentissement se poursuit dans l’industrie et le secteur de l’énergie. La production du secteur secondaire a une nouvelle fois reculé en juillet (-0,6 %). La production industrielle a subi une baisse de 0,8 % alors que celle du secteur de la construction a gagné 0,2 %. En comparaison sur deux mois, la production industrielle enregistre un net repli de 1,3 % et la production énergétique perd 5,6 %. Cette baisse dans le secteur de l’industrie a touché de nombreuses branches. Comparés sur deux mois, les chiffres du secteur de la construction indiquent aussi une baisse (-0,2 %). Compte tenu du début de troisième trimestre morose, un redressement de la conjoncture industrielle n’est pas prévu pour le moment. Les conflits commerciaux internationaux latents et la faible demande extérieure se reflètent dans les prévisions commerciales peu optimistes. Le niveau des entrées de commandes dans le secteur de l’industrie s’inscrit actuellement bien en dessous de la moyenne du trimestre précédent (-1,7 %).

Les dépenses de consommation des ménages restent un pilier de l’économie intérieure. Après une forte progression de 0,8 % au premier trimestre, elles ont encore augmenté de 0,1 % au deuxième. Les chiffres d’affaires du commerce de détail (hors automobile) ont néanmoins connu un début de troisième trimestre mitigé. En juillet, ils ont reculé de 2,2 % par rapport au mois précédent. Les nouvelles immatriculations de véhicules de conducteurs privés ont été moins importantes qu’escompté au deuxième trimestre en raison des effets de rattrapage du premier trimestre, mais elles ont rebondi en juillet et en août. Le climat des affaires du commerce de détail reste positif et sensiblement meilleur que la moyenne pluriannuelle, même s’il s’est légèrement détérioré en août.

La création d’emploi s’est poursuivie jusqu’en milieu d’année, mais elle s’est nettement tassée du fait du ralentissement conjoncturel. Après une augmentation moyenne de 44 000 personnes actives par mois, selon les données corrigées des variations saisonnières, au dernier semestre d’hiver, ce nombre est tombé à seulement 14 000 entre juin et juillet. Par rapport à l’année précédente, cela représente cependant toujours une hausse de 374 000 personnes d’après les chiffres corrigés. Le nombre d’emplois assujettis aux cotisations sociales obligatoires a également évolué plus lentement en juin, avec une augmentation de 11 000 personnes selon les données corrigées des variations saisonnières. Le chômage a légèrement progressé de 4 000 personnes en août, selon les données corrigées des variations saisonnières ; d’après les chiffres corrigés, il a grimpé à environ 2,3 millions de personnes. Le sous-emploi a connu une évolution similaire. Les indicateurs avancés prévoient la poursuite de l’évolution modérée de l’emploi, avec une légère augmentation du chômage.

----------------------------

Remarque :
Une présentation et des commentaires détaillés de la situation économique et de son évolution seront publiés dans le numéro d’octobre du rapport mensuel « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik ». Cette publication devrait être mise en ligne à partir de la semaine calendaire 40 sur le site Internet du ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie.

----------------------------

[1] Ce rapport renvoie à des données disponibles jusqu’au 13 septembre 2019. Sauf indication divergente, il s’agit de taux de changements par rapport à l’avant-période correspondante, calculés sur la base de données corrigées de l’influence des prix, des effets de calendrier et des variations saisonnières.