Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • La performance économique globale s’est légèrement affaiblie au deuxième trimestre. L’environnement économique global, marqué par des conflits commerciaux, le Brexit et les crises géopolitiques, freine le commerce mondial et l’économie mondiale. Cela affecte l’industrie allemande. Mais la conjoncture intérieure se montre robuste.
  • En juin, la production dans le secteur secondaire a fléchi. Une comparaison trimestrielle montre des pertes dans toutes les branches. Toujours en comparaison trimestrielle, les entrées de commandes dans le secteur secondaire ont encore légèrement régressé malgré l’augmentation enregistrée en juin.
  • L’augmentation des revenus des ménages et les stimuli fiscaux ont continué de sous-tendre positivement l’économie.
  • Sur le marché du travail, l’affaiblissement conjoncturel devient de plus en plus visible. La croissance de l’emploi est moins soutenue, le chômage stagne à un faible niveau.

L’économie allemande tournée vers l’exportation continue d’évoluer dans un contexte de commerce extérieur difficile. En données corrigées de l’influence des prix, le produit intérieur brut (PIB) du pays s’affichait en légère baisse de 0,1 % au deuxième trimestre[1,2]. Après la solide croissance constatée au premier trimestre, elle a néanmoins réalisé la deuxième meilleure performance économique jamais enregistrée en République fédérale d’Allemagne. À une croissance négative du commerce extérieur due à un recul des exportations faisait face une demande intérieure toujours robuste. Le secteur secondaire, surtout, souffre encore des effets de l’économie globale vacillante. Alors que les secteurs de services à vocation plus nationale continuaient d’accroître leur valeur ajoutée, les premiers signes d’un ralentissement ont été observés dans les services liés à l’industrie.
Dans le secteur de la construction, le doux hiver a été suivi d’une faible reprise printanière. Compte tenu des importations d’énergie moins coûteuses, on a réduit la production intérieure d’énergie.

Pour l’instant, les perspectives restent moroses. Ces derniers temps, les conflits commerciaux ont continué de se durcir et les perspectives d’un Brexit ordonné ne se sont pas améliorées. Dans ce contexte, les indicateurs économiques se sont affaiblis. Dans l’industrie, les ventes et les entrées de commandes sont nettement inférieures au niveau de l’année précédente et le climat des affaires s’est sensiblement détérioré. Par ailleurs, la conjoncture intérieure reste intacte. L’emploi et les salaires sont à la hausse, la politique monétaire et fiscale donne des impulsions positives.

La conjoncture mondiale reste tendue et modérée. En mai, la production industrielle globale ainsi que le commerce mondial ont légèrement augmenté par rapport à l’année précédente, mais les taux de croissance restent faibles. En juillet, le climat des affaires de l’industrie dans son ensemble a poursuivi sa tendance à la baisse, constatée depuis le début de 2018.
L’indice PMI d’IHS Markit, déjà inférieur au seuil de croissance, est tombé encore plus bas. Au troisième trimestre 2019, le climat économique mondial selon l’institut ifo, déjà refroidi, a continué de s’assombrir face à la concentration de risques globaux. Dans ce contexte, les organisations internationales prédisent un développement de l’économie mondiale peu dynamique, mais à la hausse.

L’atonie du commerce mondial se reflète également au niveau des exportations allemandes. En juin, les exportations de produits et de services ont fléchi de 1,5 % en données désaisonnalisées et en prix courants Au deuxième trimestre 2019, elles se sont nettement réduites de 1,8 %. Selon l’institut ifo, les attentes en matière d’exportations, qui ont accusé en juillet le niveau le plus bas depuis la crise financière, n’escomptent pas d’amélioration pour les mois à venir. En juin, les importations de produits et de services ont fléchi de 0,1 % en données désaisonnalisées et en prix courants.
Sur l’ensemble du deuxième trimestre, elles ont baissé de 0,9% par rapport au trimestre précédent.
Au troisième trimestre, même corrigées de l’influence des prix, les exportations ont été plus importantes que les importations et ont ainsi entraîné une contribution négative du commerce extérieur à la croissance.

Après un répit en mai, la production dans le secteur secondaire a chuté de 1,5 % en juin. En comparaison avec le trimestre précédent, le deuxième trimestre a ainsi affiché un recul global de 1,8 %. Les pertes ont touché tant le secteur de la construction (-1,1 %) que l’industrie (-1,7 %). Au sein de l’industrie, ce sont surtout la construction mécanique, la production métallurgique et la production de véhicules automobiles qui ont enregistré les baisses les plus importantes au deuxième trimestre. La faible reprise printanière dans le secteur de la construction était probablement plus attribuable au niveau élevé de la production en hiver qu’à la conjoncture. La baisse de la production d’énergie résulte également de l’augmentation des importations nettes. L’évolution des indicateurs de tendance et d’entrées de commandes ne laisse actuellement pas présager d’impulsions positives de la part de l’industrie dans les mois à venir. Même si les entrées de commandes importantes ont augmenté de 2,5 % en juin, le recul s’est poursuivi sur l’ensemble du trimestre. Ce recul de 1,0 % est toutefois nettement inférieur à celui du premier trimestre (-4,2 %). Il n’empêche que le climat des affaires dans le secteur secondaire a continué de se détériorer quelque peu en juillet.

Les dépenses de consommation privées sont donc un pilier encore plus important du développement économique intérieur. Elles ont toutefois probablement progressé un peu moins dynamiquement au deuxième trimestre en comparaison avec le premier trimestre, qui a connu une forte consommation. Ainsi, les chiffres d’affaires du commerce de détail (hors commerce de véhicules automobiles) n’ont progressé que de 0,1 % au deuxième trimestre, malgré une augmentation importante en juin. Après les effets de rattrapage au premier trimestre, les immatriculations de voitures neuves de propriétaires privés se sont également réduites. Dans l’ensemble, le climat des affaires dans le secteur du commerce de détail est positif et reste clairement plus favorable que la moyenne à long terme. Il s’est néanmoins continuellement dégradé depuis l’automne de l’année dernière.

En juin, la progression de l’emploi s’est poursuivie à un rythme plus lent. La croissance désaisonnalisée de l’emploi n’a été que de 8 000 personnes ; la dernière augmentation moins importante avait été observée il y a trois ans. En chiffres non corrigés, cela signifie toutefois encore une augmentation de 410 000 personnes par rapport à l’année précédente. En données corrigées des variations saisonnières, l’augmentation de l’emploi soumis aux cotisations sociales, soit 20 000 personnes, s’est aussi sensiblement ralentie en mai. Le refroidissement conjoncturel se manifeste surtout dans le secteur de l’emploi temporaire, où le nombre d’employés a diminué de 12 000 d’avril à mai. En juillet, le chômage corrigé des variations saisonnières a stagné à un faible niveau (+1 000 personnes) ; en chiffres non corrigés, il a augmenté de 59 000 personnes pour atteindre presque 2,3 millions au début des vacances d’été. Dans l’ensemble, le sous-emploi n’a pratiquement pas évolué non plus. Les indicateurs avancés suggèrent que l’augmentation modérée de l’emploi se poursuivra avec une légère hausse du chômage.

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Remarque :
Un exposé et un commentaire détaillés de la situation et de l’évolution économiques seront publiés dans le rapport mensuel de septembre « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik ». Cette publication devrait être mise en ligne à partir du 6 septembre 2019 sur le site Internet du ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie.

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[1] Rapport sommaire de l’Office fédéral de la Statistique sur le produit intérieur brut au deuxième trimestre 2019.
[2] Le présent rapport se base sur des données disponibles au 14 août 2019. Sauf indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente et sont établis sur la base de données corrigées de l’influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières.