Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • La conjoncture industrielle est toujours en berne ; le ralentissement de la demande extérieure continue à se faire sentir. Selon les informations dont nous disposons actuellement, le secteur des services devrait lui aussi entrer dans une phase plus ralentie. On s’attend donc à une tendance conjoncturelle basse pour le deuxième trimestre.
  • La production industrielle a augmenté de façon modérée en mai, tandis que les entrées de commandes dans le secteur de l’industrie manufacturière accusaient une forte baisse. Le secteur du bâtiment a également subi des pertes sensibles.
  • La consommation est dopée par les revenus en augmentation des ménages et par les mesures de relances budgétaires.
  • Le ralentissement de l’économie commence à se faire sentir sur le marché du travail : les créations d’emploi sont au ralenti. Le taux de chômage a stagné au mois de juin.

Après un premier trimestre de croissance étonnamment élevée de l’économie allemande, les indicateurs conjoncturels actuels annoncent une tendance modérée au second trimestre.[1] Les signaux émis par le secteur des services laissent à penser que la forte croissance du début de l’année devrait quelque peu s’essouffler au deuxième trimestre. De plus, le fléchissement de l’industrie se poursuit. La production industrielle a, certes, connu un très léger regain récemment, mais elle est en recul depuis le début de l’année 2018. La faiblesse des entrées de commandes et le climat des affaires indiquent que la conjoncture industrielle atone devrait se poursuivre. Dernièrement, le secteur de la construction a également subi des baisses de production assez fortes, mais il partait d’un niveau très élevé. Bien que la dynamique du marché du travail soit freinée par le ralentissement de la conjoncture, il continue néanmoins à constituer un facteur de reprise non négligeable pour l’économie allemande. Même ralenti, le marché de l’emploi continue de progresser, et l’augmentation des revenus stimule la consommation des ménages. L’État donne des impulsions budgétaires et soutient ainsi non seulement la consommation des ménages mais aussi les dépenses de consommation et d’investissement publiques. Après un second trimestre qui s’annonce en demi-teinte, les facteurs de reprise pourraient agir à nouveau fortement, pour peu que l’environnement économique extérieur s’apaise. Toutefois, des risques importants de recul économique existent aujourd’hui, notamment en raison des conflits commerciaux, du processus de Brexit et de tensions géopolitiques.

La conjoncture mondiale se trouve actuellement dans une phase de ralentissement liée aux risques évoqués. Au mois d’avril, on a pu observer un recul à la fois dans la production industrielle mondiale et dans le commerce international. La production industrielle est restée faible dans les pays développés à économie de marché et dans les pays émergents. L’indicateur de confiance IHS Markit PMI pour l’industrie mondiale s’est une nouvelle fois replié au mois de juin, passant au-dessous de son seuil de croissance. Après avoir baissé quatre fois consécutives, le baromètre ifo du climat de l’économie mondiale a connu une légère embellie au second trimestre, mais il n’en est pas moins demeuré glacial. Compte tenu de ces indicateurs et de la concentration des risques à l’échelle mondiale, les organisations internationales tablent sur une évolution de l’économie mondiale moins dynamique, mais toujours à la hausse.

Le manque de dynamisme de l’économie mondiale se reflète également dans les exportations allemandes. En mai, les exportations de bien et de services ont reculé de 0,3 % après correction des variations saisonnières et en prix courants. Comparées sur une période plus probante de deux mois (avril/mai par rapport à février/mars), elles affichent même un recul plus net de 1,8 %. Celui-ci devrait être à la même hauteur en termes réels du fait de la stabilité des prix à l’exportation. D’après le baromètre ifo sur les attentes en matière d’exportations, qui a encore reculé au mois de juin, les entreprises ne tablent plus sur la moindre hausse des exportations pour les mois à venir. En mai, les importations de biens et de services ont baissé de 1,4 %, après correction des variations saisonnières et en prix courants. Comparées sur deux mois, elles enregistrent un recul de 0,7 %. Les prix à l’importation ont néanmoins connu une légère hausse, de sorte que les importations en prix courants devraient avoir baissé sensiblement. Rapporté à la même période de l’année précédente, l’excédent de comptes courants s’est accru de 0,6 milliards d’euros pour passer à 106,4 milliards d’euros, au cours des cinq premiers mois de l’année 2019.

La production du secteur secondaire a connu une timide progression de +0,3 % en mai, après un fort recul en avril. La tendance décroissante des derniers mois reflète la baisse des commandes et la phase de ralentissement de l’économie mondiale. Dans le secteur secondaire, deux tendances opposées ont été observées : tandis que le secteur de la construction subissait une nette régression au mois de mai, la production industrielle affichait une croissance modérée. Sur une période plus probante de deux mois (avril/mai par rapport à février/mars), l’industrie a subi une baisse de production de 1,2 %. Le secteur de la construction a accusé une baisse encore plus significative de 3 %. Dans l’industrie, la production du secteur automobile a fortement augmenté de 7,4 %, contrairement au mois d’avril, le secteur mécanique reculant légèrement de -0,3 %. L’évolution des indicateurs des entrées de commandes et du climat laisse présager que la conjoncture industrielle demeurera faible dans les mois à venir. Après s’être stabilisées à un niveau modeste au cours des mois de mars et d’avril, les entrées de commandes de l’industrie manufacturière ont encore nettement reculé de -2,2 % en mai par rapport au mois précédent. Elles sont désormais inférieures de 9 % par rapport à la valeur moyenne mensuelle de 2018. Le climat des affaires de l’industrie manufacturière accuse déjà une nette tendance à la baisse depuis le début de l’année 2018 et a continué à s’assombrir encore un peu plus en juin.

Au premier trimestre 2019, la consommation des ménages a connu un rebond étonnamment fort de 1,2 % par rapport au trimestre précédent. Il faut remonter au troisième trimestre 2011 pour retrouver une augmentation comparable. Cependant, les indicateurs actuels indiquent que cette forte évolution ne se prolongera pas au second trimestre : les chiffres d’affaires du commerce de détail (hors automobile) ont baissé au mois de mai de 0,6 % par rapport au mois précédent. Les nouvelles immatriculations de véhicules de conducteurs privés ont quelque peu progressé en juin (+1,3 %). Cependant, sur l’ensemble du second trimestre 2019, le nombre de nouvelles immatriculations a sensiblement reculé (-2,1 %).

Le marché du travail a continué à évoluer à une allure extrêmement ralentie au mois de mai. Le nombre de personnes actives a augmenté de 21 000, selon les données corrigées des variations saisonnières ; au premier trimestre, on enregistrait encore une augmentation de 45 000 personnes en moyenne mensuelle. Les chiffres non corrigés du mois de mai faisaient état de 45,3 millions de personnes actives. Le nombre d’emplois assujettis aux cotisations sociales obligatoires a également évolué plus lentement en avril, par rapport à la moyenne des derniers mois. En juin, le nombre de demandeurs d’emploi a stagné, selon les données corrigées des variations saisonnières ; d’après les chiffres non corrigés, il a diminué de 20 000 personnes pour passer à 2,2 millions. Ce mois-ci, il ne devrait plus y avoir d’effets spéciaux liés à un enregistrement plus précis de personnes concernées, après les corrections significatives opérées en mai. Néanmoins, le sous-emploi s’est accru en juin pour la troisième fois de suite (+6 000 personnes, en données corrigées de variations saisonnières). Cela montre que le fléchissement conjoncturel commence à se faire sentir sur le marché du travail. Les indicateurs avancés laissent présager que cette tendance persistera dans les mois à venir. Le renforcement de la puissance économique dans les régions structurellement faibles reste un véritable défi.

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Remarque :
Une présentation et des commentaires détaillés de la situation économique et de son évolution seront publiés dans le numéro d’août du rapport mensuel Schlaglichter der Wirtschaftspolitik. Cette publication devrait être mise en ligne à partir de la semaine calendaire 31 de 2019 sur le site Internet du ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie.

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[1] Ce rapport renvoie à des données disponibles jusqu’au 12 juillet 2019. Sauf indication divergente, il s’agit de taux de changements par rapport à l’avant-période correspondante, calculés sur la base de données corrigées de l’influence des prix, des effets de calendrier et des variations saisonnières.