Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • L'économie allemande reste sur la voie de la croissance. La conjoncture est cependant affaiblie par un environnement économique extérieur difficile et des effets spéciaux temporaires dans l'industrie automobile.
  • Les effets spéciaux s'estompent toutefois lentement. À partir de l'année prochaine, on s'attend à des impulsions supplémentaires enclenchées par la mise en oeuvre des accords de coalition.
  • Après une légère hausse au cours des deux mois précédents, la production dans le secteur secondaire était de nouveau plus faible en octobre. Les entrées de commandes dans l’industrie manufacturière ont cependant augmenté. Le niveau des commandes reste très élevé.
  • Le secteur de la construction se trouve dans une phase de haute conjoncture. Les revenus continuent d'augmenter, tandis que la demande de consommation des ménages est légèrement affaiblie. Le climat dans le commerce est mitigé.
  • Le marché du travail reste solide. Le taux d’activité atteint un nouveau record et le chômage diminue et passe sous la barre des 2,2 millions de personnes. Cependant, les défis structurels du marché du travail restent grands.

L'économie allemande reprend lentement pied. La légère baisse de 0,2 % de la performance économique au troisième trimestre de 2018 était essentiellement due aux effets spéciaux liés à la nouvelle procédure d'essai mondiale harmonisée pour les voitures (WLTP) dans l'industrie automobile. , Ces effets spéciaux temporaires s'estompent lentement mais se font tout de même encore nettement sentir au début du quatrième trimestre dans les données de production. Par ailleurs, le vent contraire venant de l'environnement économique extérieur au cours de l'année 2018 a nettement pris de l'ampleur. Les conflits commerciaux, les turbulences monétaires des pays émergents ainsi que les conflits géopolitiques pèsent sur l’économie mondiale et ont augmenté les incertitudes générales vis-à-vis du développement économique. À travers le report du vote au sein du parlement britannique sur le Brexit, le risque d'une sortie désordonnée du Royaume-Uni de l'Union européenne n'est pas encore écarté. D'un autre côté, des impulsions conjoncturelles supplémentaires feront effet à partir de l'année prochaine, enclenchées par la mise en oeuvre des accords de coalition, comme par exemple les allègements fiscaux dus à l'augmentation du revenu exempté d'impôt et la compensation de la progression à froid, l'augmentation des allocations familiales et la « loi pour des familles fortes ». Dans l'ensemble, l'économie allemande devrait être solide dans cet environnement difficile. La tendance de sa dynamique conjoncturelle fondamentale reste à la hausse, bien qu'affaiblie.

L'environnement économique mondial libère des impulsions limitées. Tant la production industrielle que les échanges internationaux ont terminé faiblement le troisième trimestre de 2018. L'indice IHS Markit pour l'industrie mondiale s'élevait en novembre 2018 au niveau le plus bas depuis deux ans. Le baromètre ifo du climat de l'économie mondiale présente un climat plutôt mitigé au quatrième trimestre de 2018. Les États-Unis émettent également des signaux laissant présager une dynamique moins soutenue. La concentration actuelle des risques mondiaux semble en fin de compte peser sur le développement économique. Dans leurs prévisions d'automne, les organisations internationales tablent sur une évolution certes positive de l'économie mondiale mais plus faible que dans leurs prévisions antérieures.

Les signaux actuels plutôt mitigés de l'économie mondiale se reflètent aussi dans les chiffres des exportations allemandes de biens et de services. En octobre, les exportations ont augmenté légèrement de 1,1 % après correction des variations saisonnières et à prix courants. En comparaison trimestrielle, les exportations demeurent inchangées en termes nominaux. En données corrigées des prix, il pourrait y avoir eu une baisse des exportations. Les attentes en matière d'exportations selon l'indice ifo se sont certes légèrement améliorées en novembre mais ne laissent pas présager, avec leur niveau inférieur à la moyenne, une dynamisation visible des exportations. En octobre, les importations nominales de biens et de services ont progressé de 1,9 % en données corrigées des variations saisonnières. En comparaison trimestrielle, une hausse de 1,6 % a été enregistrée. Malgré la hausse des prix à l'importation, ces dernières devraient également avoir évolué également positivement en données corrigées de l'influence des prix. Dans l'ensemble, les indicateurs laissent présager une évolution légèrement positive des exportations dans les mois à venir.

Dans le secteur secondaire, la production a de nouveau légèrement diminué en octobre après de faibles hausses au cours des deux mois précédents. En octobre, la production a baissé de 0,4 % dans l’industrie, comparée sur deux mois, elle a stagné en septembre/octobre par rapport à juillet/août. La production dans le secteur de la construction a également été limitée en octobre (- 0,3 %), comparée de manière plus représentative sur deux mois, elle a cependant fortement augmenté de 2,2 %. Les entrées de commandes dans les industries manufacturières ont progressé de 0,3 % en octobre, comparées sur deux mois, elles ont fortement augmenté de 1,4 %. La tendance stagnante de la production dans l'industrie indique que les problèmes liés au passage à la nouvelle procédure WLTP commencent seulement à se résoudre lentement. Les entrées de commande élevées, surtout dans l'industrie automobile, et un plus grand nombre de véhicules immatriculés selon la nouvelle norme montrent cependant que le rythme de croissance de l'industrie allemande redémarrera. Et les carnets de commandes pleins pour les 5, 6 prochains mois dans les industries manufacturières apportent de la sécurité. Le secteur du bâtiment produit à la limite de ses capacités et son boom devrait se poursuivre.

L'évolution positive du marché du travail et les fortes hausses de salaires contribuent à soutenir la consommation privée. Toutefois, les résultats de l'Office fédéral de la Statistique montrent que le taux d'épargne des ménages a augmenté de 0,5 points de pourcentage au cours des trois premiers trimestres de 2018 par rapport à l'année précédente, ce qui a en échange freiné les dépenses de consommation notamment au troisième trimestre. Et le quatrième trimestre a démarré lentement, avec des pertes de revenu dans le commerce de détail de 0,3 % en octobre. En raison des problèmes rencontrés avec la nouvelle procédure d'essai mondiale harmonisée pour les voitures (WLTP), les immatriculations de voitures nouvelles des utilisateurs privés ont été plus faibles au troisième trimestre que lors des trimestres précédents. Un renversement de tendance s'est toutefois laissé sentir. En novembre, les immatriculations de voitures nouvelles ont continué d'augmenter de 7 % après une forte hausse de 20,4 % en octobre. La hausse des revenus laisse également présager une évolution positive de la consommation des ménages les mois prochains. Et les indicateurs de conjoncture dressent un tableau positif.

Le marché du travail continue à évoluer favorablement.Le taux d'activité a dépassé le niveau record de 45,2 millions d'actifs en octobre. En données corrigées des variations saisonnières, l'augmentation du nombre d'actifs de 37 000 personnes par rapport au mois précédent avoisinnait les hausses des mois précédents. L'emploi soumis aux cotisations de sécurité sociale n'a cependant enregistré qu'une faible augmentation, tendance contraire aux trois mois précédents. La demande de main-d'œuvre dans les entreprises reste très élevée dans de nombreux secteurs. On note cependant des signes de ralentissement. En novembre, le nombre de demandeurs d’emploi enregistrés s’est réduit de 16 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières. Selon les chiffres non corrigés, il a été inférieur au seuil des 2,2 millions de personnes. Le taux de chômage est ainsi tombé à 4,8 %. Le chômage de longue durée se réduit progressivement. Il est inférieur de 11 % au niveau de l’année précédente. Toutefois, le renforcement de la force économique dans les régions défavorisées reste un défi.

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Remarque :
Une présentation et des commentaires détaillés de la situation économique et de son évolution seront publiés dans le rapport mensuel du mois de janvier « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik ». Cette publication devrait être mise en ligne à partir du 4 janvier 2019 sur le site Internet du ministère fédéral de l'Économie et de l'Énergie.

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[1] Communication détaillée de l'Office fédéral de la Statistique du 23 novembre 2018 concernant l'évolution du produit intérieur brut au cours du troisième trimestre de 2018.
[2] Le présent rapport se base sur des données disponibles au 13 décembre 2018. Sauf indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente et sont établis sur la base de données corrigées de l'influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières.