Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • Des effets spéciaux entraînent une interruption de l'essor économique au troisième trimestre. Cela était dû aux retards liés à l'introduction de la nouvelle procédure d'essai mondiale harmonisée pour les voitures (WLTP) dans l'industrie automobile. Lorsque ces effets spéciaux disparaîtront, l'économie allemande poursuivra son essor.
  • La production du secteur secondaire était en baisse au troisième trimestre, en particulier en raison de ces effets spéciaux. Les entrées de commandes dans les industries manufacturières ont augmenté de nouveau les deux derniers mois et le niveau des carnets de commandes reste très élevé. Le secteur de la construction se trouve dans une phase de haute conjoncture.
  • La tendance de l'évolution des revenus et de la demande de consommation des ménages demeure à la hausse. Le climat dans le commerce est également bon.
  • Les tendances positives de l'emploi et du chômage se poursuivent. Les problèmes structurels sur le marché du travail restent cependant des défis.

L'essor de l'économie allemande a été interrompu au troisième trimestre. Le produit intérieur brut a diminué de 0,2 % par rapport au trimestre précédent en données corrigées des prix, des effets calendaires et des variations saisonnières. [1],[2] D'après les indicateurs actuels, le troisième trimestre a été marqué par une consommation faible des ménages, de fortes importations qui sont allées de pair avec eu une contribution négative du commerce extérieur à la croissance, ainsi qu'une augmentation significative des stocks. L'évolution générale faible était surtout due aux retards liés à l'introduction de la nouvelle procédure d'essai mondiale harmonisée pour les voitures (WLTP) dans l'industrie automobile. Le passage obligatoire au nouveau cycle d'essai a engendré des retards en matière d'immatriculation de nouveaux véhicules. L'industrie a concentré sa production sur les modèles déjà autorisés et les ménages en Allemagne et à l'étranger ont retardé leurs achats de voitures. Le produit intérieur brut devrait donc diminuer de jusqu'à 0,4 points de pourcentage au troisième trimestre. Les problèmes rencontrés avec la nouvelle procédure WLTP sont temporaires. Avec la fin progressive des retards en matière d'immatriculation, la conjoncture devrait de nouveau s'accélérer déjà au dernier trimestre de l'année. Les indicateurs de l'industrie et de l'ensemble de l'économie, mais aussi l'évolution dans le commerce extérieur le montrent. La tendance de la conjoncture dans l'Union européenne est restée à la hausse au troisième trimestre et l'économie américaine connaît un boom. Malgré une panoplie de problèmes, l'économie mondiale poursuit dans l'ensemble son essor.

Les signaux de l’économie mondiale sont également mitigés. La production industrielle mondiale continue certes d'afficher une dynamique plus faible que l'année précédente, mais le commerce mondial semble avoir traversé le creux du deuxième trimestre faible. Tiré par les services, l'indice PMI IHS Markit a augmenté en octobre après trois baisses sensibles d'affilée, tandis que le baromètre ifo du climat de l'économie mondiale s'est détérioré au quatrième trimestre de 2018. Dans leurs prévisions d'automne, les organisations internationales tablent également sur une évolution certes positive de l'économie mondiale mais plus faible que dans leurs prévisions antérieures.

Les signaux actuels mitigés du commerce extérieur se reflètent aussi dans les chiffres des exportations allemandes de biens et de services. En septembre, les exportations ont reculé légèrement de 0,9 % après correction des variations saisonnières et à prix courants. Les exportations nominales sont restées stables au troisième trimestre. Elles ont toutefois diminué en données corrigées des prix. Les attentes en matière d'exportations selon l'indice ifo sont au niveau le plus bas de l'année et ne laissent pas présager une dynamisation visible des exportations. En septembre, les importations nominales de biens et de services ont diminué de nouveau de -1,3 % en données corrigées des variations saisonnières. Mais comme il y a eu un bon mois de juillet, une hausse de 2,9 % est enregistrée pour les importations au troisième trimestre. Malgré la hausse des prix à l'importation, ces dernières devraient également avoir évolué également positivement en données corrigées de l'influence des prix.

La production dans le secteur secondaire a baissé de 0,9 au troisième trimestre. Cette chute était due à une phase de faiblesse temporaire de l'industrie, causée presque exclusivement par les problèmes rencontrés dans l'industrie automobile. La production industrielle est restée inchangée en septembre mais a cependant diminué de 1,4 % au troisième trimestre. Par contre, la production dans le secteur de la construction a enregistré une hausse de 0,5 % en comparaison trimestrielle. Les entrées de commandes dans les industries manufacturières ont augmenté de 0,3 % en septembre par rapport au mois précédent, après une hausse de 2,5 % en août. En comparaison trimestrielle, une chute de 1,0 % a été enregistrée. Avec la fin progressive des retards en matière d'immatriculation causés par le passage à la nouvelle procédure d'essai mondiale harmonisée pour les voitures (WLTP), la production industrielle devrait repartir à la fin de l'année. Les carnets de commandes pleins pour les 5,5 prochains mois laissent également présager cette reprise. Le secteur du bâtiment produit à la limite de ses capacités et son boom devrait se poursuivre.

Grâce à l'évolution positive du marché du travail et les fortes hausses de salaires, la consommation privée reste un pilier important de la conjoncture économique. À l'heure actuelle, le chiffre d'affaires du commerce de détail indique un rythme moins soutenu au troisième trimestre. La légère augmentation de 0,1 % en septembre n'a pas suffi à terminer la troisième trimestre (-1,0 %) positivement. Le chiffre d'affaires du commerce de véhicules a également diminué en août. En raison des problèmes rencontrés avec la nouvelle procédure d'essai mondiale harmonisée pour les voitures (WLTP), les immatriculations de voitures nouvelles des utilisateurs privés ont été faibles au troisième trimestre. C'est seulement en octobre qu'elles ont de nouveau augmenté sensiblement. La hausse des revenus laisse également présager une évolution positive de la consommation des ménages les mois prochains. Les indicateurs de conjoncture donnent actuellement un tableau mitigé. Tandis que l'indice ifo du climat des affaires pour le commerce de détail s'est détérioré en octobre, le climat de consommation est resté stable dernièrement.

Le marché du travail continue d'envoyer des signaux positifs. Le taux d'activité a atteint un niveau record de 45,2 millions d'actifs en septembre. Cela est dû à la forte hausse de l'emploi assujetti aux cotisations sociales. Par rapport à août, l'emploi a augmenté de 39 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières. En août, la hausse de l'emploi assujetti aux cotisations sociales s'est élevée à 56 000 personnes et était donc situé à un niveau légèrement supérieur à celui des six derniers mois. Selon les indicateurs provisoires, on peut s'attendre à ce que la demande de main-d'œuvre dans les entreprises reste élevée. Le nombre de demandeurs d’emploi a diminué de 11 000 personnes en octobre. Selon les chiffres non corrigés, ce nombre a diminué après la reprise de l'automne et s'élevait à 2,2 millions de personnes. Le chômage de longue durée continue de diminuer. Cependant, certains défis persistent tels que la lutte contre le chômage de longue durée et le renforcement du potentiel économique dans les régions défavorisées.

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Remarque:
Un exposé et un commentaire détaillés de la situation et de l'évolution économiques seront publiés dans l'édition de décembre du rapport mensuel « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik ». Cette publication devrait être mise en ligne à partir du 26 novembre 2018 sur le site Internet du ministère fédéral de l'Économie et de l'Énergie.

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[1] Communication sommaire de l'Office fédéral de la Statistique du 14 novembre 2018 concernant l'évolution du produit intérieur brut au cours du troisième trimestre de 2018.
[2] Le présent rapport se base sur des données disponibles au 14 novembre 2018. Sauf indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente et sont établis sur la base de données corrigées de l'influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières.