Éoliennes en mer

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Lors de la réunion ministérielle de la Coopération énergétique de la mer du Nord (NSEC)[i] sous la présidence de l'Allemagne, les ministres de l'Énergie et la commissaire européenne à l'Énergie ont convenu du rôle clé de l'énergie éolienne offshore pour atteindre les objectifs de développement des énergies renouvelables et les objectifs en matière de lutte contre le changement climatique de l'Europe d'ici à 2050.

L'énorme potentiel de la mer du Nord pourrait apporter une contribution majeure à une plus forte utilisation de l'énergie éolienne offshore. Plus particulièrement, la mise en œuvre accélérée de projets éoliens offshore transfrontaliers au moyen d'une coopération des pays riverains de la mer du Nord (projets communs et hybrides) pourrait présenter un grand potentiel pour une utilisation efficace de l'énergie éolienne offshore. Au final, cela va permettre de diminuer les frais et de restreindre le besoin en superficies pour le développement de l'éolien offshore, tout en promouvant les échanges d'électricité, la croissance de l'industrie et l'emploi dans la région. Tout ceci contribue à une reprise de l'économie européenne.

Dans une déclaration commune (PDF, 609 Ko), les ministres de l'Énergie et la commissaire européenne à l'Énergie ont convenu de la nécessité d'éliminer les obstacles existants afin de faciliter la mise en œuvre rapide des projets éoliens offshore hybrides multinationaux ainsi que d'autres projets pertinents. La Commission est invitée à créer un cadre réglementaire à l'échelle européenne qui comprennent les lignes directrices de l'Union européenne pour les pays membres concernant la mise en œuvre des projets transfrontaliers, des règles adaptées pour le marché de l'électricité ainsi qu'un financement européen amélioré et efficace.

À l'occasion de cette réunion, Peter Altmaier, ministre fédéral de l'Économie et de l'Énergie, a déclaré : « Selon toutes prévisions, les projets éoliens offshore communs et hybrides vont jouer un rôle majeur pour nous permettre d'atteindre les objectifs énergétiques et ceux en matière de lutte contre le changement climatique d'ici 2050. » D'ici 2050, la contribution européenne en matière d'énergie éolienne offshore devrait représenter plus de dix fois la puissance installée actuelle de 22 GW. À cette fin, le taux de croissance annuel de puissance installée d'actuellement 3 GW devrait augmenter grandement dans les prochaines années.

Il reste toutefois des obstacles pour mettre en œuvre les projets communs et hybrides. Ainsi, des dispositions différentes dans les différents pays en ce qui concerne l'utilisation des fonds marins, l'important travail que représente la coordination de la mise en œuvre de projets communs et hybrides, une répartition peut-être inégale des coûts et des bénéfices entre les pays membres participants ou des intérêts concurrentiels en ce qui concerne l'utilisation de superficies offshore restreintes pour les infrastructures d'énergie éolienne offshore d'un côté et les échanges commerciaux entre les pays de l'autre côté représentent quelques-uns de ces obstacles.

Les sujets importants suivants devraient être abordés dans le cadre d'une coordination renforcée : l'organisation et la fixation des délais des appels d'offres pour l'éolien offshore et les méthodes d'évaluation de la répartition des coûts et des bénéfices pour les projets communs et hybrides. Les ministres et la commissaire européenne à l'Énergie ont également convenu d'améliorer la coordination en ce qui concerne la planification du réseau offshore et le raccordement du parc éolien offshore au réseau terrestre. De plus, ils ont convenu d'améliorer la coordination de l'aménagement du territoire maritime et de la planification du réseau offshore, afin de faire avancer le travail commun pour le développement de l'énergie éolienne offshore dans la région.

« La réunion d'aujourd'hui est une mise en œuvre concrète du Pacte vert pour l'Europe », a affirmé la commissaire européenne à l'Énergie Kadri Simson à l'occasion de la réunion. « Ce n'est qu'avec une coopération transfrontalière plus étroite, notamment entre les pays riverains de la mer du Nord, que nous pourrons augmenter suffisamment la production d'électricité issue des énergies renouvelables et faire de l'Europe le premier continent qui atteint la neutralité climatique. »

Les ministres et la commissaire européenne ont demandé aux groupes de travail de poursuivre leurs travaux et de présenter les progrès lors de la prochaine réunion ministérielle. Pendant le deuxième semestre, la priorité de ces travaux sera la poursuite du développement de propositions concrètes pour des projets hybrides, l'aménagement du territoire maritime et la planification du réseau offshore ainsi que la vision sur le long terme du rôle de la production d'énergie issue des énergies renouvelables dans le secteur offshore d'ici à 2050, et notamment le rôle de l'hydrogène.

Dans le cadre de la Coopération énergétique de la mer du Nord (NSEC), la continuité pour l'après 2020 est déjà assurée : « La transition énergétique, et en particulier cette coopération, ont toujours été des priorités politiques pour la Belgique et une préoccupation commune dans le cadre de la coopération régionale entre les pays du Benelux. C'est la raison pour laquelle j'ai proposé de prendre la présidence de la Coopération énergétique de la mer du Nord 2021 », a expliqué la ministre de l'Énergie belge Marie-Christine Marghem.

Parallèlement, le ministre de l'Énergie luxembourgeois Claude Turmes se félicite de la candidature belge pour la présidence. Il présente à la ministre tous ses vœux de succès et assure la Belgique du soutien du Luxembourg dans la réalisation de ses nouvelles fonctions. De plus, le ministre du Luxembourg Claude Turmes salue les grands progrès réalisés cette année sous la présidence allemande. « Une utilisation améliorée et efficace des fonds de l'Union européenne est d'une grande importance pour faciliter la réalisation des projets éoliens offshore communs et hybrides. En ce qui concerne la relance économique, le plan de relance de l'Union européenne offre l'opportunité de mobiliser des fonds européens pour de tels projets et de les utiliser efficacement. »

Les ministres attendent avec impatience les initiatives prévues à l'échelle européenne dans le cadre du Pacte vert pour l'Europe, en particulier la stratégie européenne sur la production d'électricité offshore issue des énergies renouvelables (EU Offshore Renewable Energy Strategy) prévu pour l'automne 2020. Dans le cadre de la Coopération énergétique de la mer du Nord, la prochaine réunion des ministres et de la commissaire européenne aura lieu en décembre.

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[i] La Coopération énergétique de la mer du Nord (NSEC) est un forum régional de coopération énergétique qui regroupe actuellement la Belgique, l'Allemagne, le Danemark, la France, l'Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède pour faciliter l'intégration d'importantes quantités d'énergie éolienne offshore sur les marchés de l'énergie européens ainsi que pour une meilleure harmonisation du développement du réseau offshore.