Peter Altmaier, Ministre fédéral de l'Économie et de l'Énergie

Peter Altmaier, Ministre fédéral de l'Économie et de l'Énergie

© BMWi/Susanne Eriksson

Le Conseil des ministres fédéraux a adopté aujourd'hui le rapport économique annuel 2019 (en allemand) intitulé « Renforcer l'économie sociale de marché - exploiter les potentiels de croissance, augmenter la compétitivité ». Pour cette année, le gouvernement fédéral table sur une croissance du produit intérieur brut de 1,0 % en chiffres corrigés des prix.

Le ministre fédéral Peter Altmaier a déclaré : « L'économie allemande enregistre également cette année de la croissance, et ce pour la dixième année consécutive. Il s'agit de la phase de croissance la plus longue depuis 1966 et en même temps d'un signal de la performance de notre économie sociale de marché. La population allemande profite de cette évolution à travers la création d'emplois et des salaires et revenus plus élevés. Mais le vent contraire devient de plus en plus fort, surtout venant de l'extérieur - mots clés : Brexit, conflits commerciaux, environnement fiscal international. La croissance plus lente par rapport à l'année dernière devrait nous inciter à améliorer les conditions cadres de la réussite et de la compétitivité de notre pays. Figurent parmi elles l'allègement des travailleurs et des entreprises qui créent notre prospérité. Nous devons par ailleurs miser de manière conséquente sur les technologies clés et d'avenir, comme par exemple la production de cellules de batteries et l'intelligence artificielle. »

Le marché du travail continue à évoluer favorablement. En 2019, le taux de chômage devrait diminuer et s'élever à 4,9 %, le nombre de personnes actives continuera d'augmenter et atteindra 45,2 millions de personnes. Il s'ensuit une nouvelle hausse sensible des revenus privés : les salaires et revenus nets par salarié progresseront de 4,8 % en 2019 en raison en partie des allègements d'impôts et de taxes. Compte tenu de la hausse des revenus et des emplois ainsi que des investissements des entreprises, l'économie nationale reste un pilier important de la conjoncture. Les taux d'intérêt bas envoient de nettes impulsions dans le secteur de la construction. La politique fiscale expansive stimule également la conjoncture.

Chiffres clés du développement macroéconomique en République fédérale d'Allemagne [1]

2017 20182019
Variations en glissement annuel en %, sauf indication contraire
FORMATION du poduit intérieur brut (PIB)
PIB (en données corrigées des prix)
Personnes actives (au niveau national)
Taux de chômage en % (définition de l'Agence fédérale pour l'emploi) [2]

2,2
1,4
5,7

1,5
1,3
5,2

1,0
0,9
4,9
UTILISATION du PIB corrigé des prix (réel)
Ménages et organisations privées sans but lucratif
Biens d’équipement
Constructions

1,8
3,7
2,9

1,0
4,5
3,0

1,3
2,3
2,9
Demande intérieure2,01,81,4
Exportations
Importations
Contributions extérieures [3]
4,6
4,8
0,3
2,4
3,4
-0,2
2,7
4,0
-0,3
Salaires bruts par salarié2,53,23,1

[1] Données provisoires de l'Office fédéral de la Statistique jusqu'en 2018 ; situation en janvier 2019
[2] Sur la base de l’ensemble des personnes actives.
[3] Variations absolues des stocks et du solde extérieur en % du PIB de l'année précédente (= contribution au taux de croissance du PIB).

Les évolutions économiques positives des dernières années s'inscrivent dans la réussite de plus de soixante-dix ans de l'économie sociale de marché. Les opportunités et risques ont, eux, évolué au cours du temps : actuellement, la numérisation de l'économie et de la société tout comme le développement démographique, les tendances protectionnistes dans le commerce international et surtout le changement climatique confrontent la politique économique à de nouveaux défis. À la lumière de ces tendances ainsi que d'autres tendances de long terme, le gouvernement fédéral pose des jalons structurels afin de conserver et de renforcer la viabilité de l'économie sociale de marché.

L'économie sociale de marché vit de l'engagement et de la productivité de ses acteurs. C'est pourquoi la politique économique doit créer des incitations de telle manière que ces acteurs, entrepreneurs et salariés, puissent récolter les fruits de leur engagement économique. Pour les entreprises, le gouvernement fédéral garantira donc durablement des conditions cadres favorables à la croissance et équitables sur le plan fiscal. À travers l'instauration d'un soutien fiscal à la recherche, le contrat de coalition contient une première mesure importante pour renforcer la compétitivité. Le gouvernement fédéral présentera un projet de loi durant le premier semestre de 2019. Un autre élément important est la suppression de l'impôt de solidarité pour, dans un premier temps, 90 % des contributeurs à l'impôt de solidarité afin de réduire la charge fiscale totale des citoyens.

Le ratio de la dette au PIB diminue continuellement et sera cette année inférieur à la valeur limite fixée par le traité de Maastricht à hauteur de 60 pour cent du produit intérieur brut. Dans le même temps, la planification financière du gouvernement fédéral prévoit des investissements publics record s'élevant à 154,5 milliards d'euros entre 2018 et 2021. Elle allie ainsi des budgets solides et un renforcement des investissements et améliorera aussi les prochaines années les bases de la croissance future. « Prospérité pour tous » signifie également que toutes les régions allemandes profitent de l'essor économique. Dans le but aussi de donner de nouvelles impulsions en matière de politique régionale, le gouvernement fédéral a créé la commission « croissance, changement structurel et emploi » (en allemand) qui a présenté un rapport final le 26 janvier. La commission « conditions de vie équivalentes » doit par ailleurs élaborer un système d'aides fédéral pour les régions structurellement faibles en vue de l'expiration du Pacte de solidarité II fin 2019. Le gouvernement fédéral accompagnera au-delà de ces mesures intensivement le changement structurel. Il a par ailleurs adopté les points essentiels d'une offensive en matière de logement.

Dans le cadre de la numérisation, le changement structurel économique s'effectuera encore plus rapidement qu'auparavant. Afin de garantir la réussite de l'économie sociale de marché à l'ère de la numérisation, le gouvernement fédéral pousuit l'adaptation du cadre réglementaire à la numérisation et modernisera entre autres le droit national de la concurrence. Il a décidé la mise en place de la stratégie de mise en œuvre « gérer la numérisation » et met à disposition dans le fonds spécial « infrastructures numériques » des fonds pour le développement de réseaux gigabits dans des zones non rentables. Il mise par ailleurs sur les technologies clés afin de conserver la souveraineté technologique dans des champs technologiques essentiels. Compte tenu du changement technologique, la promotion de la formation sera renforcée pour les salariés et les chômeurs par la loi sur les chances de qualification. Au-delà de l'exploitation du potentiel de main-d’œuvre national et européen, l'Allemagne doit devenir plus attractive pour la main-d'œuvre qualifiée des États tiers. La loi sur l'immigration de la main d'oeuvre qualifiée améliore le cadre juridique. La transition énergétique représente une mission d'organisation centrale, de long terme pour la protection du climat ainsi que pour l'Allemagne. Afin d'accélérer le développement du réseau et de mieux exploiter le réseau existant, le BMWi a présenté entre autres un projet pour une loi sur l’accélération du développement des réseaux. Enfin, l'économie sociale de marché allemande est étroitement liée à l'Europe. C'est pourquoi le gouvernement fédéral participe activement à la discussion sur le développement de l'Union économique et monétaire. Au niveau international, nous nous opposons aux tendances protectionnistes et nous engageons pour des accords de libre-échange ambitieux de l'UE ainsi que pour une modernisation de l'Organisation mondiale du commerce. Puisque le système commercial multilatéral doit être renforcé comme cadre réglementaire d'un commerce mondial basé sur des règles.

Vous trouverez le rapport économique annuel ici (en allemand).