Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • L'économie allemande connaît une embellie solide. En 2017, le produit intérieur brut a augmenté plus fortement que les années précédentes.
  • Les entrées de commandes et les indicateurs de climat envoient des signaux positifs pour l'industrie. Après avoir connu des résultats plutôt faibles en octobre, la production industrielle a repris des couleurs en novembre.
  • La demande de consommation des ménages demeure élevée. La propension à l'achat des consommateurs et le climat dans le commerce sont bons.
  • Grâce à la demande élevée de main-d'œuvre dans de nombreuses branches économiques, l'emploi se trouve à un niveau record, dans certaines régions même au niveau du plein emploi. Le chômage et le sous-emploi continuent à reculer.

En 2017, le produit intérieur brut a augmenté de 2,2 % corrigé des prix [1] même si le nombre de jours ouvrables a été inférieur à celui de l'année précédente. Il s'agissait de la croissance économique la plus forte depuis 2011. La consommation a été la force motrice de la conjoncture au cours des dernières années. Grâce à l'embellie du contexte économique mondial en 2017, l'économie a profité d'effets stimulants des échanges extérieurs. Arithmétiquement pourtant, les effets de croissance des échanges extérieurs ont été limités étant donné que l'augmentation de la demande intérieure avait entraîné une croissance plus forte des importations. Les exportations fortes ont également stimulé les investissements en biens d'équipement. Face à la demande élevée et au contexte de financement propice, les investissements dans le secteur de la construction sont également restés très dynamiques. Dans l'ensemble, l'année dernière a donc connu un essor sur le plan économique tant intérieur qu'extérieur. Dans certains domaines du marché du travail cependant, la pénurie de main-d'œuvre s'est faite ressentir plus fortement.

Le fort dynamisme de la conjoncture a vraisemblablement ralenti vers la fin de 2017. Les nombreuses entrées de commandes ainsi que les attentes commerciales positives laissent toutefois présager une poursuite de l'évolution conjoncturelle au même rythme en cours d'année.

La croissance de l'économie mondiale s'est accélérée en 2017. En octobre 2017, la date disponible la plus récente, la production industrielle mondiale a été supérieure de 3,6 % au niveau de l'année passée. Les indicateurs du climat des affaires font état d'un optimisme croissant. La réforme fiscale adoptée aux États-Unis devrait donner des impulsions conjoncturelles supplémentaires. Reste à savoir si, à long terme, la réforme aura des effets positifs sur la croissance et quels seront ses effets sur la concurrence internationale en matière de facteurs de production. L'essor conjoncturel s'est poursuivi dans les pays industrialisés. Au troisième trimestre, le PIB a augmenté de 0,6 % dans la zone euro, de 0,8 % aux États Unis et de 0,6 % au Japon. Parmi les pays émergents, la Chine et l'Inde continuent à enregistrer un développement économique fort ; la Russie et le Brésil ont surmonté leur récession. Ces constats portent à croire que le rythme de la conjoncture mondiale continuera à s'accélérer légèrement en 2018.

Les exportations allemandes bénéficient de l'amélioration des conditions générales des échanges extérieurs. Selon les résultats des statistiques de la balance des paiements de la Deutsche Bundesbank, les exportations de biens et de services ont fortement augmenté en prix courants en novembre 2017 de 2,3 % par rapport au mois précédent. Comparées de manière plus représentative sur trois mois, elles ont augmenté de 0,9 %. En novembre, les importations ont progressé de 1,2 %. En comparaison trimestrielle, la hausse a été de 1,1 %. L'excédent de la balance des opérations courantes cumulé a été légèrement inférieur au niveau de l'année précédente. Les indicateurs nationaux concernant les échanges extérieurs envoient des signaux positifs et laissent entrevoir une progression continue des exportations allemandes.

La conjoncture industrielle reste dynamique, même si elle a toutefois connu un léger repli au deuxième semestre 2017 par rapport au premier semestre. En novembre, la production a progressé de 4,3 %. Ce bond s'explique entre autres par le fléchissement de la production en octobre résultant de jours de fête et de ponts. En novembre, les entrées de commandes dans l'industrie ne se situaient plus au niveau record du mois précédent (novembre : -0,4 %), mais leur tendance restait toutefois fortement à la hausse (comparaison trimestrielle : +4,2 %). L'activité de commande intense se traduit également par des carnets de commandes bien remplis. L'évolution positive des entrées de commandes et les indicateurs du climat des affaires excellents laissent présager une nouvelle dynamisation de la production industrielle. Après quelques mois plutôt faibles, la production dans le secteur de la construction a également repris des couleurs (novembre : +1,5 %). Sa tendance reste toutefois stable. Compte tenu de la bonne conjoncture, elle semble se heurter à ses limites de capacité.

Les dépenses de consommation des ménages ont progressé fortement de 2,0 % l'année dernière en raison du nombre croissant de personnes actives et de l'augmentation des salaires. Ainsi, elles ont apporté une contribution importante à la hausse du produit intérieur brut. Après avoir connu une évolution plus faible au troisième trimestre, elles se sont probablement redressées vers la fin de l'année. Les chiffres d'affaires du commerce de détail en apportent la preuve : ils ont progressé de 2,3 % en novembre. Le dynamisme du commerce de véhicules a toutefois nettement ralenti depuis l'été dernier. Dans l'ensemble, le climat dans le commerce reste très bon. Selon les données du test conjoncturel ifo, les attentes des commerçants de détail ont atteint le niveau le plus élevé depuis 1991. Grâce au bon développement des revenus, le climat de la consommation a également légèrement progressé.

L'évolution positive sur le marché du travail s'est poursuivie en 2017. En moyenne annuelle, l'emploi a augmenté de 1,5 % en 2017 pour atteindre environ 44,3 millions de personnes actives. Le chômage s'est réduit de 158 000 personnes pour atteindre 2,53 millions de personnes, le taux de chômage ayant reculé de 0,4 point de pourcentage pour se chiffrer à 5,7 %. En novembre 2017, le nombre de personnes actives a augmenté de 50 000 personnes en chiffres corrigés des variations saisonnières. L'évolution de l'emploi assujetti à l'assurance sociale obligatoire est encore plus dynamique. Les indicateurs précurseurs de l'Agence fédérale pour l'emploi, de l'ifo et de l'Institut de recherche sur l'emploi et les professions signalent que la demande soutenue de main-d'œuvre dans de nombreuses branches de l'économie se poursuivra. En décembre, l'augmentation du nombre de chômeurs a été nettement plus faible que d'habitude pendant cette saison ; il s'élève à beaucoup moins de 2,4 millions de personnes. Le chômage et le sous-emploi continuent de reculer en chiffres corrigés des variations saisonnières. À l'avenir, le léger recul du chômage annoncé par les agences d'emploi pourrait ralentir quelque peu étant donné que plus de personnes issues de la migration arrivent sur le marché du travail. Par ailleurs, indépendamment des évolutions positives récentes, certains défis persistent tels que la lutte contre le chômage de longue durée et le chômage plus élevé dans les régions moins développées.

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Remarque :
Une présentation et des commentaires détaillés de la situation économique et de son évolution seront publiés dans le rapport mensuel du mois de février « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik ». Cette publication devrait être mise en ligne à partir du 29 janvier 2018 sur le site Internet du ministère fédéral de l'Économie et de l'Énergie.

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[1] Le présent rapport se base sur des données disponibles jusqu'au 11 janvier 2018. Sauf indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente et sont établis sur la base de données corrigées de l'influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières (méthode Census X-12-Arima).