Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

© iStockphoto.com/blackred

  • Au troisième trimestre, l'économie allemande a poursuivi sa croissance. L'économie mondiale donne de nouveau davantage d'impulsions.
  • L'industrie est dynamique. Les entrées de commandes et les indicateurs de climat envoient des signaux positifs pour les mois à venir.
  • La propension d'achat des consommateurs reste élevée. Les prix à la consommation se sont normalisés grâce à la stabilité des prix énergétiques.
  • Les tendances positives se poursuivent sur le marché du travail. La demande de main-d’œuvre est très élevée dans de nombreuses branches économiques. La tendance du chômage et du sous-emploi est à la baisse. Il reste cependant des défis structurels sur le marché du travail.

L'économie allemande a aussi poursuivi sa forte relance au troisième trimestre de 2017. Le produit intérieur brut a augmenté de 0,8 % en données corrigées de l'influence des prix, des variations saisonnières et des effets calendaires.[1][2] Au deuxième trimestre, la performance économique a augmenté de 0,6 % et a même été corrigée à la hausse pour le premier trimestre (0,9 %). Cet essor dynamique est dû à la demande mondiale de produits industriels de nouveau très forte. Au troisième trimestre, la demande a reçu d'importantes impulsions économiques de la part du commerce extérieur et des investissements. Les industries manufacturières devraient donc avoir fortement augmenté leur production. Les indicateurs laissent présager une poursuite intense de l'essor au dernier trimestre de l'année. Le climat des affaires tant dans le secteur commercial, artisanal et industriel que dans les services est meilleur que jamais. Le secteur du bâtiment est proche de ses limites de capacité, les commandes dans les industries manufacturières sont de plus en plus élevées et la création d'emplois poursuit son cours dans le secteur tertiaire. De plus, l'insécurité économique a continué de diminuer.

Le rythme de l'expansion de l'économie mondiale s'est accéléré au cours de cette année. Les indicateurs du climat des affaires font état d'un optimisme croissant. Après une légère diminution en août dernier, la production industrielle mondiale a continué d'augmenter et a ainsi poursuivi son évolution positive. Elle a augmenté dernièrement de 3,8 % par rapport à l'année précédente. Le dynamisme dans les pays émergents asiatiques est élevé, mais surtout les économies développées ont assisté à une reprise de la conjoncture. L'essor conjoncturel de la zone euro a presque poursuivi la dynamique élevée du deuxième trimestre au troisième trimestre avec une hausse de 0,6 %. Il s'agit de la même situation aux États Unis, où le PIB a progressé de 0,7 % au troisième trimestre. L'activité économique japonaise a été très dynamique au deuxième trimestre. Parmi les pays émergents, la Chine a enregistré de nouveau un développement économique plus régulier. Dans l'ensemble, la croissance de l'économie mondiale sera donc plus élevée en 2017 que l'année précédente.

Selon les résultats provisoires des statistiques de la balance des paiements de la Deutsche Bundesbank, les exportations de biens et de services ont baissé en prix courants en septembre 2017 de 2,2 % par rapport au mois précédent. Comparées sur trois mois, elles ont cependant augmenté de 1,2 %. Les importations ont moins diminué en septembre (- 1,8 %). Comparées sur trois mois, elles ont moins augmenté que les exportations (+ 0,2 %). L'excédent de la balance des opérations courantes cumulé depuis le début de l'année est nettement inférieur à l'année précédente. Les indicateurs nationaux positifs concernant les échanges extérieurs ainsi que le redressement de l'économie mondiale laissent entrevoir une progression modérée des exportations allemandes malgré la vigueur de l'euro. En raison de la forte demande intérieure et de l'augmentation des importations qui l'accompagne, la contribution des échanges extérieurs à la croissance sera donc vraisemblablement neutre cette année.

La conjoncture industrielle est restée très dynamique à l'automne. Par rapport au premier semestre déjà solide, l'expansion s'est même nettement accélérée. Au troisième trimestre, tant la production industrielle que les chiffres d'affaires ont progressé de 1,7 %. Cet essor s'étend à presque toutes les branches de l'industrie et s'appuie ainsi sur une large base. Les entrées de commandes qui ont augmenté fortement de 3,6 % au troisième trimestre ainsi que le bon climat des affaires signalent une poursuite de l'évolution positive. La production dans le secteur de la construction, partant d'un niveau de production élevé au début de l'année, a diminué de 1,0 % au troisième trimestre, malgré le faible niveau actuel des taux d'intérêt. Il convient de prendre en considération que le secteur de la construction est proche de ses limites de capacité. Des sondages réalisés par l’institut ifo montrent que les entreprises de construction sont freinées dans la réalisation de leurs commandes par le manque de main-d'œuvre.

La consommation des ménages a largement tiré la croissance au premier semestre. Au troisième trimestre, elle devrait s'être essoufflée temporairement. En septembre, les chiffres d'affaires du commerce de détail ont légèrement augmenté (+ 0,5 %) après des données plus faibles pendant les vacances, de telle sorte que l'augmentation des chiffres d'affaires a été légère au troisième trimestre (+ 0,3 %). Les chiffres d'affaires du commerce de véhicules disponibles jusqu'en août ont augmenté seulement de 0,2 % après une chute de 1,0 % en juillet. Le baromètre ifo du moral des entrepreneurs allemands dans le commerce de détail s'était donc temporairement sensiblement dégradé au troisième trimestre. En octobre, leur moral s'était cependant de nouveau amélioré. Le climat de la consommation est resté positif, même si les prix à la consommation ont augmenté de 1,6 % en octobre.

La situation et les perspectives sur le marché du travail restent bonnes. En septembre, le nombre de personnes actives a augmenté de 41 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières et progressé ainsi de manière plus modérée qu'au dernier semestre d'hiver. Ainsi, environ 650 000 personnes de plus étaient actives en septembre qu'au même moment de l'année précédente. L'évolution de l’emploi assujetti à l’assurance sociale obligatoire est encore plus dynamique. Il a augmenté en août de 74 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières. Les indicateurs précurseurs de l'Agence fédérale pour l'emploi, de l'ifo et de l'Institut de recherche sur l'emploi et les professions signalent une demande soutenue de main-d'œuvre dans de nombreuses branches de l'économie. Le chômage et le sous-emploi ont diminué respectivement de 11 000 personnes en octobre en données corrigées des variations saisonnières. En chiffres non corrigés, le chômage a chuté de 2,39 millions de personnes, soit le niveau le plus bas depuis la réunification. Le chômage devrait continuer à diminuer. Cette baisse pourrait cependant être plus lente car les personnes issues de l'immigration ne trouvent pas tout de suite un emploi après la fin des cours d'intégration et de langue. Par ailleurs, certains défis persistent tels que la lutte contre le chômage de longue durée et le chômage plus élevé dans les régions moins développées.

----------------------------

Remarque :
Un exposé et un commentaire détaillés de la situation et de l'évolution économiques seront publiés dans l'édition de décembre du rapport mensuel « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik ». Ce numéro devrait paraître dans la semaine du 27 novembre 2017 et pourra être consulté sur le site Internet du ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie.

----------------------------

[1] Communication sommaire de l’Office fédéral de la statistique du 14 novembre 2017. Les résultats plus détaillés seront publiés le 23 novembre.
[2] Le présent rapport se base sur des données disponibles au 14 novembre 2017. Sauf indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente et sont établis sur la base de données corrigées de l'influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières (méthode Census X-12-Arima).