Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • La conjoncture allemande s'est redressée au quatrième trimestre de 2016. Le produit intérieur brut a augmenté de 0,4%.
  • La production dans le secteur secondaire a nettement diminué en décembre, ce qui est notamment dû à un rythme plus calme de la production entre les années. Les entrées de commandes et les indicateurs de tendance laissent entrevoir un bon début d'année 2017.
  • L’évolution positive sur le marché du travail se poursuit en 2017.

L'économie allemande s'est redressée au dernier trimestre de l'année. [1] Après la croissance plus faible de 0,1 % au trimestre estival en données corrigées de l’influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières, les performances économiques se sont de nouveau accélérées au quatrième trimestre de 0,4 %. [2] Les impulsions les plus importantes provenaient de nouveau de l'économie nationale. Outre les dépenses de consommation privées et publiques, les investissements dans le secteur du bâtiment ont aussi contribué à la croissance. Les investissements dans les équipements demeurent, en revanche, faibles. Les exportations de marchandises et de services se sont nettement accélérées au dernier trimestre mais moins que les importations. Somme toute, le commerce extérieur a donné un coup de frein au produit intérieur brut (PIB). Dans l'ensemble, la croissance du PIB est restée en 2016 à un niveau très correct de 1,9% en données corrigées de l’influence des prix.

Les indicateurs de conjoncture indiquent un départ solide de l'économie en 2017. Le climat des affaires dans l'économie est bon et l'emploi augmente, même si à un rythme moins soutenu. Les entrées de commandes dans le secteur secondaire et de la construction ont reçu une nette impulsion au dernier trimestre 2016. Cela devrait donc mener à une nouvelle amélioration des performances macroéconomiques au premier trimestre, tant dans le secteur secondaire que dans le secteur tertiaire. En revanche, il reste des incertitudes surtout liées à l'environnement économique extérieur.

Les perspectives de l'économie mondiale demeurent fragiles. Suite à son léger ralentissement l'année dernière, l'économie devrait reprendre des forces cette année. Dernièrement, la production industrielle mondiale s'est par exemple intensifiée. L'indice mondial des directeurs d'achat Markit reste à un niveau élevé. Aux États-Unis, la croissance économique s'est cependant affaiblie au quatrième trimestre après un trimestre précédent solide. Dans la zone euro, le rythme de la croissance économique a pu légèrement augmenter et selon les prévisions récentes de la Commission européenne se stabiliser. Les perspectives de croissance restent plus modérées au Japon. Parmi les pays émergents, la Chine a de nouveau enregistré une croissance plus constante. Grâce à la tendance à la hausse des coûts des matières premières, la Russie et le Brésil devraient sortir de la récession. Le Fonds monétaire international s'attend, d'après ses prévisions de janvier, à une croissance de l'économie mondiale de 3,4% cette année après une croissance de 3,1% l'année précédente.

Selon les résultats provisoires des statistiques de la balance des paiements de la Deutsche Bundesbank, des marchandises et services d'une valeur record de 1442,4 milliards d'euros ont été exportés d'Allemagne en 2016 (+1,9%). Les importations nominales s'élevaient, quant à elles, à 1199,2 milliards d'euros (+1,0%). Le solde de la balance des opérations courantes a augmenté d'environ 13 milliards d'euros et s'élevait à 266 milliards d'euros. Malgré le recul des exportations de marchandises et services de 5,8% en décembre en données corrigées des variations saisonnières, les exportations nominales se sont toutefois accélérées au dernier trimestre 2016 (+1,9%). Avec un recul relativement faible des importations nominales de marchandises et services de 1,0% en décembre, les importations (+4,0%) ont de nouveau augmenté plus fortement que les exportations au dernier trimestre. Les indicateurs de conjoncture nationaux du commerce extérieur annoncent, parallèlement aux estimations sur la conjoncture mondiale, une poursuite de l'expansion modérée des exportations.

Le secteur secondaire a nettement moins produit en décembre que le mois précédent (-3,0%). Le fait qu'il y ait eu cette fois plus de jours de travail que la moyenne entre les deux années, pendant lesquels la production est, par expérience, limitée, pourrait également jouer un rôle. Selon les résultats provisoires, la production industrielle a donc diminué plus fortement de 3,4%. Sa tendance légèrement haussière devrait cependant se maintenir, étant donné que la production au quatrième trimestre a été à peine plus faible (-0,2%) qu'au troisième trimestre de 2016, malgré les facteurs spéciaux liés à la fin de l'année. Les pertes de production du début de l'année devraient être aussi en partie compensées. Ce sont surtout les entrées de commandes industrielles qui laissent présager une reprise de la conjoncture industrielle. Au quatrième trimestre, les commandes à l'industrie ont augmenté de 4,2%. Les commandes en provenance du marché intérieur ont fortement augmenté de 6,1%, tout comme les commandes venant de l'étranger (hors zone euro +3,2%, zone euro +2,5%). Les indicateurs de tendance prédisent également une croissance solide de la production au cours des prochains mois. La production dans le secteur des bâtiments a diminué de 1,7% entre novembre et décembre. Une hausse notable de la production de 1,6% a cependant été enregistrée au quatrième trimestre de l'année par rapport au trimestre précédent. La conjoncture solide dans le secteur des bâtiments devrait se poursuivre.

La consommation privée a fortement augmenté de 2,0% en 2016, en données corrigées de l'influence des prix. Elle devrait également avoir sensiblement augmenté au dernier trimestre de l'année. Malgré la baisse du chiffre d'affaires du commerce de détail (sans les véhicules) de 0,9% en décembre, les chiffres d'affaires ont fortement augmenté au cours du quatrième trimestre (+0,3%). En revanche, les chiffres d'affaires et les nouvelles immatriculations dans le commerce de véhicules ont évolué de façon plutôt modérée à la fin de l'année. Le moral des commerçants et des consommateurs est cependant resté très bon.

Le marché du travail est dynamique en ce début de nouvelle année. Le nombre de personnes actives a continué d'augmenter, en données corrigées des variations saisonnières. Il s'élevait à 43,6 millions de personnes en décembre, soit 0,5% de plus que l'année précédente (chiffres non corrigés). L'évolution de l'emploi soumis aux cotisations sociales est un peu moins dynamique, bien que le niveau de l’année précédente ait été également nettement dépassé de 1,1% en novembre. Les indicateurs provisoires continuent de présager une demande élevée de main-d'œuvre, bien qu'il devienne plus compliqué d'équilibrer l'offre limitée de main-d'œuvre et la demande. Le chômage a baissé de 26 000 personnes en janvier en données corrigées des variations saisonnières. D’après les chiffres d’origine, 2,78 millions de personnes étaient au chômage. Concernant les réfugiés ayant accès au marché du travail, le chômage a augmenté progressivement, bien que beaucoup d'entre eux aient été intégrés aux mesures axées sur l'emploi. Dans l'ensemble, les perspectives pour le marché du travail restent positives.

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Remarque : Un exposé et un commentaire détaillés de la situation et de l’évolution économiques seront publiés dans le rapport mensuel de mars « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik » (litt. « Lumière sur la politique économique »). Cette publication devrait être mise en ligne à partir du 27 février sur le site Internet du ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie.

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[1] Sont utilisées dans ce rapport les données disponibles jusqu’à la date du 14 février 2017.
[2] Sauf indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente et sont établis sur la base de données corrigées de l’influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières (méthode Census X-12-Arima).