Courbe de croissance avec un stylo symbolise la situation économique ; source : iStockphoto.com/blackred

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  • En 2016, l’économie allemande a enregistré une croissance de 1,9 %.
  • La conjoncture s'est redressée à la fin de l'année.
  • La légère reprise de la conjoncture internationale entraîne une nouvelle hausse des exportations.
  • Dans l'ensemble, la production dans le secteur secondaire devrait avoir sensiblement augmenté au dernier trimestre. Les entrées de commandes et les indicateurs de tendance indiquent un bon départ en 2017.
  • En 2016, le marché du travail a évolué favorablement. La consommation des ménages continue de bénéficier de l'évolution positive sur le marché du travail.

En 2016, l'économie allemande a enregistré une croissance solide de 1,9%, en données corrigées des prix, et ce, dans un environnement économique extérieur instable et après une augmentation du produit intérieur brut (PIB) de 1,7% l'année précédente.[1][2] La croissance était donc même légèrement plus forte que ce qui avait été annoncé lors des prévisions d'automne du gouvernement fédéral. Elle a été soutenue par la demande intérieure. Ce sont surtout les dépenses de consommation publiques et des ménages, mais aussi les investissements dans la construction qui ont fortement augmenté. Les investissements en biens d'équipement ont également augmenté, mais plus modérément. De par la forte demande intérieure, les importations ont augmenté plus fortement que les exportations, de telle sorte que la contribution du commerce extérieur à la croissance a été légèrement négative.

Le bilan annuel positif souligne le fait que la conjoncture s'est redressée au dernier trimestre de 2016 en Allemagne. L'évolution hésitante au troisième trimestre est révolue. Les chiffres solides de la production et des ventes dans l'industrie le démontrent. L'activité dans le secteur de la construction a également évolué positivement au cours des derniers mois. En outre, l'environnement économique extérieur était un peu plus favorable. Dans l'ensemble, la conjoncture reste solide et fortement soutenue par le marché intérieur.

Les perspectives de l'économie mondiale se sont tendanciellement améliorées. La production industrielle mondiale continue d'augmenter. Au cours du second semestre de 2016, le rythme de l'économie américaine s'est accéléré. Les performances économiques de l'Union européenne sont modérées, mais continuent de s'améliorer. Même le PIB du Royaume-Uni a nettement augmenté suite à la dévaluation de la livre après le référendum sur le Brexit. Bien qu'elle tende à s'essouffler, la croissance de la Chine reste relativement forte. Les grands pays émergents exportateurs de matières premières que sont la Russie et le Brésil devraient progressivement sortir de la récession. Compte tenu de la faiblesse du premier semestre, la croissance de l'économie mondiale devrait, en 2016, être inférieure à celle de l'année passée. Après une augmentation du PIB mondial de 2,9 % en 2016, l'OCDE table sur une accélération de la croissance à 3,3 % en 2017. Cependant, l'environnement reste empreint d'incertitudes.

Compte tenu de la légère amélioration de la conjoncture mondiale, les exportations allemandes ont surmonté leur phase de faiblesse de cet été et sont sensiblement orientées vers le haut à la fin de l'année 2016. En données corrigées des variations saisonnières, les exportations de marchandises et de services ont augmenté fortement en novembre de 3,1 % par rapport au mois précédent. Les importations nominales ont augmenté encore plus fortement de 3,3 %. Cela était également le cas sur une période de trois mois, plus significative car moins sujette aux fluctuations. Les importations ont augmenté plus fortement de 3,2 % que les exportations de 2,2 %. Dans l'ensemble, il est probable que le commerce extérieur freine légèrement la croissance. Les indicateurs de conjoncture nationaux pour le commerce extérieur ainsi que les entrées de commandes industrielles, les attentes en matière d'exportations ainsi que les taux de changes effectifs réels laissent présager, tout comme les estimations sur la conjoncture mondiale, un redressement modéré des exportations.

La production dans le secteur secondaire a augmenté légèrement de 0,4 % en novembre par rapport au mois précédent.La production a progressé de 0,4 % dans l'industrie et de 1,5 % dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Tandis que la production de produits semi-finis industriels et de biens de consommation s'est redressée (+0,9 % et +0,3 %), celle des biens d'équipements est resté quasiment inchangée (-0,1 %). La production industrielle tend légèrement à la hausse. Au cours des mois d'octobre et de novembre, la production industrielle était 0,8 % supérieure à la moyenne du troisième trimestre de 2016. Dans le secteur de la construction, la production a augmenté de 1,6 %. Les entrées de commandes industrielles laissent présager un nouveau redressement de la conjoncture industrielle. Si l'on compare la moyenne des mois d'octobre et de novembre à celle du troisième trimestre de 2016, les commandes à l'industrie ont augmenté de 3,7 %. Cette hausse résulte de différents facteurs. Les commandes en provenance du marché intérieur ont enregistré une hausse de 4,3 %. Les commandes en provenance de la zone euro ont diminué de 0,6 % et celles des pays hors zone euro ont fortement augmenté de 5,8 %. Aussi bien les entrées de commandes que les indicateurs de tendance laissent entrevoir une croissance solide de la production à la fin de l'année et un bon départ en 2017.

La consommation des ménages a fortement augmenté en 2016 de 2,0 %, en données corrigées des prix. Au dernier trimestre de l'année, il devrait également y avoir eu un accroissement sensible. Les chiffes d'affaires dans le commerce de détail se sont certes affaiblis de 1,8 % en novembre par rapport au mois précédent. Ce dernier avant cependant été particulièrement fort avec une hausse de 2,5 %. Au quatrième trimestre, le commerce de véhicules est quant à lui probablement moins robuste. Les chiffres d'affaires du commerce de véhicules ont fléchi de 1,5 % en octobre et le nombre de voitures nouvellement immatriculée n'a évolué que faiblement à la fin de l'année. Le moral des commerçants et des consommateurs reste cependant très bon.

Le marché du travail a connu une bonne évolution et les perspectives restent également positives. Le nombre de personnes actives a augmenté en données corrigées des variations saisonnières. En novembre, il s'élevait à environ 43,8 millions de personnes, soit 0,7% de plus qu'au niveau de l'année précédente (chiffres non corrigés). L'emploi soumis aux cotisations sociales a nettement ralenti depuis juin, même si le niveau de l’année précédente a été dépassé de 1,2% en octobre. Les indicateurs provisoires continuent d'aller dans le sens d'une demande élevée de main-d'œuvre, même si il est difficile de faire concorder l'offre et la demande. En décembre, le chômage s'est réduit de 17 000 personnes en données corrigées des variations saisonnières. D’après les chiffres d’origine, il y avait ainsi 2,57 millions de personnes enregistrées au chômage. Concernant les réfugiés ayant accès au marché du travail, le chômage a augmenté progressivement, bien que beaucoup d'entre eux aient été intégrés aux mesures axées sur l'emploi.

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Remarque : Une présentation et des commentaires détaillés de la situation économique et de son évolution seront publiés dans le rapport mensuel du mois de février « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik ». Cette publication devrait être mise en ligne à partir du 30 janvier sur le site Internet du ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie.

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[1] Sont utilisées dans ce rapport les données disponibles jusqu’à la date du 12 janvier 2017.
[2] Sauf indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente et sont établis sur la base de données corrigées de l’influence des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières (méthode Census X-12-Arima).