La situation économique en République fédérale d'Allemagne en juin 2010 [1]
La reprise conjoncturelle s'est consolidée en Allemagne. Dans l'ensemble, l'économie devrait enregistrer une performance nettement meilleure au deuxième qu'au premier trimestre. Au premier trimestre, le produit intérieur brut a progressé de 0,2 % [2] par rapport au trimestre précédent et reste donc aussi élevé qu'au dernier trimestre 2009. En particulier le solde extérieur nettement négatif ainsi qu'un nouveau recul de la consommation des ménages ont freiné la croissance. L'approvisionnement des stocks a eu l'effet le plus positif sur la croissance et des investissements en biens d'équipement ont également dynamisé les activités économiques. Ils ont été soutenus par des acquisitions de remplacement dans le domaine du leasing de véhicules professionnels. En revanche, les investissements dans la construction ont été freinés par la rigueur de l'hiver. Le recul a cependant été moins important qu'escompté grâce aux effets de rattrapage dont l'économie a profité dès le mois de mars. La production industrielle a elle aussi enregistré une hausse au printemps. Le volume élevé de commandes tant au niveau national qu'à l'étranger dans le secteur industriel et de la construction semble indiquer une consolidation de la reprise. Néanmoins des risques conjoncturels subsistent comme le montre le fort recul des prévisions conjoncturelles encore positives du ZEW.
Conformément aux attentes, la production du secteur secondaire a continué de progresser à un rythme un peu moins soutenu (0,9 %) en avril. L'exceptionnel redémarrage du printemps, qui avait surtout profité au secteur du bâtiment, a permis d'enregistrer une nette augmentation de la production en mars et un rebond de 2,6 % de la production dans le secteur du bâtiment et des travaux publics en avril. Après une hausse sensible au mois de mars, la production industrielle a progressé de 0,5 % en avril. Le secteur de la construction corrigé du nombre de jours ouvrables a dépassé son niveau de l'année précédente de 4,8 %, la production industrielle a augmenté en glissement annuel de 14,1 %. Le niveau de commande toujours élevé devrait donner un nouvel élan à la production aussi bien dans le domaine du bâtiment que dans celui de l'industrie. Les commandes du bâtiment et des travaux publics ont certes reculé de 2,3 % en mars mais sur l'ensemble du premier trimestre, elles sont largement restées dans le plus grâce au pic du mois de février. Le secteur des travaux publics qui se caractérise par une prépondérance des commandes publiques a bénéficié d'une bouffée d'oxygène. Mais la construction de logements devrait également connaître une croissance modérée compte tenu de l'augmentation du nombre de permis de construire. En avril, la demande de produits industriels a connu une forte hausse dans de nombreux secteurs : elle a enregistré une augmentation de 2,8 % et la tendance est fortement orientée à la hausse. Outre la demande étrangère qui reste soutenue, on enregistre une nette reprise des commandes nationales.
Les chiffres d'affaires du commerce de détail, sans le commerce de voitures, ont certes progressé de 1 % en avril mais la tendance demeure inchangée. Les chiffres des nouvelles immatriculations privées n'ont pas non plus augmenté. L'embellie du climat des affaires du commerce de détail laisse néanmoins entrevoir que la tendance s'inversera. L'évolution stable du marché du travail, l'augmentation modérée des revenus, l'atténuation des effets de la prime à l'environnement des véhicules ainsi que des incitations fiscales devraient entraîner une nouvelle hausse des dépenses des ménages dans le courant de l'année.
Le commerce extérieur allemand s'est sensiblement tassé en avril. Les exportations ont reculé de 5,9 % en prix courants, les importations ont même enregistré une baisse de 7,3 %. Ces effets de rebond n'ont toutefois rien d'exceptionnel compte tenu des fortes hausses dues aux effets de rattrapage du mois précédent. Le commerce extérieur connaît toujours une évolution positive qui devrait aussi perdurer au cours des prochains mois du fait de la consolidation de la reprise de l'économie mondiale. Tandis que la demande étrangère toujours forte en produits industriels allemands et une nouvelle amélioration des attentes en matière d'exportation laissent présager d'une hausse dans ce domaine, les importations devraient profiter de la consolidation de la conjoncture nationale.
Le redémarrage du printemps s'est poursuivi sur le marché de l'emploi. En avril, le nombre de personnes actives a progressé de 38 000 après correction des variations saisonnières, ce qui confirme l'évolution stable enregistrée depuis la mi-2009. En mars, le nombre de personnes soumises aux cotisations de sécurité sociale a augmenté de 82 000 personnes après correction des variations saisonnières. Cependant, ces hausses enregistrées dans certains secteurs des services continuent d'aller de pair avec une diminution des emplois dans l'industrie. Le recul du nombre de chômeurs a été une fois encore particulièrement prononcé en mai (-45 000 personnes après correction des variations saisonnières). En mai, il y avait au total 3,242 millions de chômeurs soit 217 000 personnes de moins en glissement annuel. Selon les indicateurs anticipés, la situation de l'emploi continue de se redresser tout comme la demande en main d'œuvre mesurée au nombre de postes vacants. Vu l'amélioration progressive de l'exploitation des capacités, les risques de rechute s'estompent.
Les prix à la consommation sont restés stables. En mai, ils ont été supérieurs de 1,2 % au niveau de l'année précédente. Le ralentissement de la demande des ménages freine actuellement l'évolution du coût de la vie malgré l'augmentation notable des prix de l'énergie. L'inflation sous-jacente n'a ainsi été que de 0,7 % en mai. En amont, c'est surtout la progression des coûts des matières premières renforcée par l'affaiblissement de l'euro qui est à l'origine de l'augmentation des prix à l'importation et à la production. En juin, les prix des matières premières, y compris les prix du pétrole, ont subi une correction. Tandis que début mai, le prix du pétrole brut se montait à 88 dollars par baril de Brent, il n'était plus que de 74 dollars en milieu de mois.
Remarque :
Un exposé et un commentaire détaillés de la situation et de l'évolution économiques seront publiés dans le rapport mensuel de juillet « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik » (disponible en allemand uniquement). Vous trouverez le numéro actuel vers le milieu de la semaine du 21 au 27 juin sur le site Internet du ministère fédéral de l'Économie et de la Technologie.
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[1] Ce rapport se base sur des données statistiques disponibles au 15 juin 2010.
[2] En l'absence d'indications contraires, les comparaisons par rapport à la période précédente sont corrigées des prix, des effets calendaires et des variations saisonnières.