La situation économique en République fédérale d'Allemagne en juillet 2010 [1]
Après avoir connu un léger ralentissement conjoncturel pendant le semestre d'hiver, l'économie allemande s'est fortement redressée au printemps. Le produit intérieur brut a probablement augmenté nettement plus au deuxième trimestre qu'au premier pendant lequel les performances économiques globales avaient connu une hausse de 0,2 pour cent corrigé des prix et des variations saisonnières [2]. Cette croissance n'est pas seulement due à des effets de compensation (les mauvaises conditions météorologiques en hiver ayant causé un fléchissement de la production) qui ont un effet stimulant sur le secteur de la construction, en particulier, mais également à la forte expansion de la production industrielle. L'industrie allemande bénéficie des effets positifs des échanges extérieurs et d'un redressement des investissements nationaux. Vu la forte demande continue de produits industriels tant à l'étranger qu'au niveau national tout porte à croire que l'évolution de la conjoncture industrielle restera positive dans les mois à venir.
La reprise conjoncturelle commence également à se faire sentir sur le marché de l'emploi. Au cours de l'année, l'amélioration de la situation de l'emploi contribuera quant à elle à l'augmentation constante de la consommation des particuliers. Dans l'ensemble, le processus de la reprise a continué à se généraliser en Allemagne. Toutefois, une série de risques conjoncturels persiste. Dans certains pays industrialisés majeurs, la reprise économique n'est pas encore capable de s'auto-entretenir tandis que dans un petit nombre de pays émergents l'on assiste désormais à des phénomènes de surchauffe. La crise de la dette dans la zone euro continue toujours à susciter des préoccupations. Finalement, différents indicateurs anticipés nationaux et internationaux ont certes connu une évolution positive au cours des derniers mois mais à une intensité moins forte. Certains indicateurs sont également devenus plus moroses ce qui montre que les risques sont désormais plus présents.
Grâce à une nette augmentation des commandes, en mai, la production du secteur secondaire a connu une hausse de 2,6 pour cent par rapport au mois précédent. En raison de la dynamisation des investissements et de la forte expansion des échanges extérieurs, la production industrielle a augmenté considérablement de 3,4 pour cent. Cependant, après avoir bénéficié d'un redressement particulièrement fort au printemps, la production du secteur de la construction a été corrigée à la baisse (-2,3 pour cent).
La production du secteur industriel a nettement dépassé son niveau de l'année précédente de +13,7 pour cent corrigé du nombre de jours ouvrables, celle du secteur de la construction a été supérieure de +3,8 pour cent au niveau de l'année précédente. Le nombre de nouvelles commandes reste relativement élevé tant dans le secteur de l'industrie que dans la construction. Si la demande industrielle s'est légèrement affaiblie en mai (-0,5 pour cent) la tendance reste à la hausse grâce à de forts effets stimulants étrangers et domestiques. Bien que l'expérience ait montré qu'en règle générale les commandes sont plutôt volatiles celles-ci continuent à afficher une tendance à la hausse. Cette année, le secteur de la construction bénéficie notamment des mesures des programmes de relance du gouvernement. Vu le nombre croissant d'autorisations de construction, la construction de logements augmentera légèrement.
Les dépenses de consommation des ménages ont connu une évolution relativement modeste au deuxième trimestre. Si les chiffres d'affaires du commerce de détail, non compris le commerce de véhicules, ont nettement augmenté de 3,0 pour cent, leur niveau est resté presque stable en comparaison trimestrielle. La situation morose des nouvelles immatriculations de véhicules particuliers après la fin de la prime à la casse ne laisse pas entrevoir d'amélioration. Dans les mois à venir, les dépenses de consommation des ménages gagneront cependant en dynamisme eu égard à l'évolution positive du marché de l'emploi et grâce aux mesures d'allègement des ménages qui sont entrées en vigueur au début de l'année et qui ont augmenté les revenus disponibles. Le niveau stable des prix y contribuera certainement.
Récemment, les échanges extérieurs ont fourni des impulsions importantes. En mai, les exportations exprimées en prix courants ont augmenté de 9,2 pour cent, les importations ayant connu une hausse nettement plus forte (+14,8 pour cent). La hausse des exportations a plus que compensé le recul affiché au mois précédent. Ainsi, la tendance des exportations reste nettement à la hausse. Dans les mois à venir, les exportations vont certainement profiter du processus de reprise et de ses effets stimulants caractérisant actuellement l'économie mondiale. À moyen terme, ce dynamisme s'affaiblira cependant. Cette hypothèse est confirmée par les entreprises, entre autres, dont les perspectives d'exportation fléchissent légèrement après avoir atteint un niveau élevé au mois de juin. La forte augmentation des importations n'est pas exclusivement induite par les exportations, elle indique également une reprise économique domestique.
La reprise se fait de plus en plus sentir sur le marché de l'emploi. Y contribuent également des effets du redressement du printemps. La création d'emplois des derniers mois s'est poursuivie en mai, l'emploi ayant augmenté de 38.000 personnes corrigé des variations saisonnières. Il est très encourageant dans ce contexte que le nombre d'emplois assujettis aux cotisations sociales a continué à augmenter pour atteindre, en avril, 62.000 personnes après correction des variations saisonnières. Le recul du nombre de chômeurs a été une fois encore particulièrement prononcé en juin (-21.000 personnes après correction des variations saisonnières). Au total, le nombre de chômeurs s'est élevé en juin à 3,153 millions de personnes ce qui représente une diminution de 257.000 personnes en glissement annuel. Le nombre de postes vacants continue à augmenter et les indicateurs anticipés laissent entrevoir que le processus de création d'emplois se poursuivra, bien qu'à un rythme ralenti.
Les prix restent stables. Certes, en aval, certains prix ont fortement augmenté, en particulier au niveau des prix à l'importation, à cause du renchérissement des matières premières industrielles et de l'énergie. Étant donné que la demande des ménages est toujours très limitée, cette pression des prix n'a qu'un faible impact sur les prix à la consommation. Les prix à la consommation ont augmenté de 0,9 pour cent en glissement annuel après avoir enregistré une hausse s'élevant à 1,2 pour cent en mai. En juin, le taux d'inflation sous-jacente a été de 0,7 pour cent.
Remarque :
Un exposé et un commentaire détaillés de la situation et de l'évolution économiques seront publiés dans le rapport mensuel d'août « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik » (disponible en allemand uniquement). Vous trouverez le numéro actuel vers la fin de la semaine du 19 au 25 juillet sur le site Internet du ministère fédéral de l'Économie et de la Technologie.
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[1] Ce rapport se base sur les données statistiques disponibles au 16 juillet 2010.
[2] En l'absence d'indications contraires, les comparaisons par rapport à la période précédente sont corrigées des prix, des effets calendaires et des variations saisonnières.