communiqué de presse
10.5.2012

La situation économique en République fédérale d'Allemagne en mai 2012 [1]

diagramme avec stylo à bille
© iStockphoto.com/blackred

Les perspectives conjoncturelles de l'Allemagne se sont améliorées au cours du premier trimestre. Le net rebond de la production industrielle et la reprise des commandes qui s'est poursuivie au mois de mars confirment les signaux déjà positifs des indicateurs de climat.

Le boom de la production dans le secteur de la construction en mars a plus que compensé les pertes liées aux intempéries du mois de février.

L'évolution positive du marché du travail se poursuit. L'essor de l'emploi et l'augmentation des revenus constituent les piliers de la conjoncture allemande.

Après une phase de ralentissement en hiver, la conjoncture allemande s'est rétablie au cours du premier trimestre, et ses perspectives de croissance se sont améliorées. Les indicateurs anticipés annoncent une reprise de plus en plus soutenue de l'activité économique, notamment dans l'industrie, secteur important pour la conjoncture. L'économie internationale montre, elle aussi, de plus en plus de signes de reprise. Les indicateurs anticipés des principaux pays industriels et émergents se redressent légèrement. La reprise conjoncturelle s'accélère aux Etats-Unis et au Japon tandis que la croissance reste solide en Chine et en Inde. En conséquence, le Fonds Monétaire International a, au mois d'avril, revu à la hausse ses dernières prévisions de croissance pour l'économie mondiale. Parallèlement, la pression exercée sur les prix pétroliers s'est quelque peu atténuée ces dernières semaines. La situation demeure toutefois tendue au sein de la zone euro. Les incertitudes et les risques restent considérables en raison de la crise de la dette publique et de la crise financière qui perdurent, et de la récession qui frappe certains Etats de la zone euro.

Compte tenu de la reprise du commerce mondial, le commerce extérieur allemand reçoit de plus en plus d'impulsions positives, provenant surtout des pays émergents. En mars, les exportations et les importations ont encore gagné respectivement 0,9 % et 1,2 % [2]. L'importante progression des importations allemandes contribue à pallier aux déséquilibres du commerce extérieur avec certains partenaires commerciaux et stimule la croissance dans ces pays.

L'industrie allemande a enregistré en mars une forte augmentation de sa production de 1,5 %. Parallèlement, le résultat du mois de février a été nettement revu à la hausse. La production industrielle du premier trimestre est donc supérieure à celle du trimestre précédent. L'embellie s'est aussi poursuivie en ce qui concerne les perspectives de la conjoncture industrielle. En mars, les entrées de commandes ont enregistré une hausse significative de 2,2 %. Etant donné que les indicateurs de climat sont positifs dans l'ensemble et que certains d'entre eux ont enregistré des améliorations notables en mars, les chances augmentent sensiblement de voir la reprise des commandes se poursuivre. Les entreprises ont continué d'enregistrer une nette hausse des commandes en provenance de pays en dehors de la zone euro, dont la demande portait surtout sur les biens d'équipement. Mais les commandes nationales ont, elles aussi, connu une légère progression au mois de mars. Par contre, les commandes en provenance de la zone euro ont stagné. Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, la production a affiché en mars une hausse exceptionnelle de 30,7 %, compensant ainsi largement les fortes pertes liées aux conditions météorologiques du mois de février. Pour autant, la production dans le secteur de la construction n'a pas encore atteint au premier trimestre le niveau du trimestre précédent. Les perspectives restent néanmoins positives du fait de la reprise des commandes dans l'industrie du bâtiment.

Le marché du travail a su surmonter le ralentissement conjoncturel du semestre d'hiver et reste dynamique. L'essor de l'emploi demeure soutenu avec, au mois de mars, 29.000 personnes actives supplémentaires après correction des variations saisonnières. Dans ce contexte, la forte hausse des emplois soumis aux cotisations sociales reste le pilier central. Au total, 41,26 millions de personnes ont exercé une activité professionnelle au mois de mars. Avec 2,963 millions de demandeurs d'emplois enregistrés au mois d'avril, le nombre de chômeurs était une nouvelle fois en dessous de la barre des trois millions. La demande en main d'½uvre se maintient à un niveau élevé bien qu'il semblerait que les indicateurs anticipés pertinents aient dépassé leur niveau maximal. Dans l'ensemble, le marché de l'emploi reste un pilier central de la conjoncture intérieure.  

L'évolution des revenus disponibles des ménages restera favorable, du fait notamment du dynamisme de l'emploi, ce qui contribuera à renforcer le pouvoir d'achat des consommateurs. Toutefois, la consommation est encore freinée actuellement par la hausse toujours sensible des prix, même si, en avril, le taux de progression des prix est tombé à 2,0 %. Cette hausse des prix s'est aussi traduite par une légère morosité du moral des consommateurs. Elle a également pesé sur les chiffres d'affaires du commerce de détail qui, malgré une légère augmentation au mois de mars, continuent de baisser. La consommation des ménages devrait néanmoins rester l'un des principaux moteurs de la conjoncture nationale grâce à l'évolution favorable du marché du travail.  

Cette évolution montre que les perspectives favorables en matière de revenu, d'emploi et de consommation en Allemagne ne sont pas le fruit du hasard. Elles doivent avant tout être portées au crédit des réformes structurelles du marché du travail et du sens des responsabilités des partenaires tarifaires. L'enjeu consiste désormais à consolider ces résultats positifs à l'avenir aussi. Dans le cadre de ses dernières consultations menées avec l'Allemagne, le Fonds Monétaire International s'est prononcé clairement en faveur du maintien du rythme des réformes. Les experts du Fonds monétaire ont préconisé d'améliorer encore les bases de croissance et, notamment, d'exploiter davantage les potentiels du marché du travail. Cela vaut, selon eux, aussi bien pour ce qui est de la participation des femmes et des seniors que pour l'immigration d'une main d'½uvre qualifiée.

Il est clair que de nouvelles entraves bureaucratiques à l'embauche ne doivent pas compromettre les bons résultats du marché du travail allemand, auxquels s'intéressent de près les autres pays.

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Remarque :
Un exposé et un commentaire détaillés de la situation et de l'évolution économiques seront publiés dans le rapport mensuel de juin « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik ». Vous trouverez le numéro du mois de juin dans le courant de la semaine du 28 mai au 30 juin sur le site Internet du ministère fédéral de l'Economie et de la Technologie.

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[1] Ce rapport se base sur les données statistiques disponibles au 9 mai 2012.
[2] En l'absence d'indications contraires, tous les taux de variation par rapport à la période précédente sont corrigés des effets calendaires et des variations saisonnières (procédure Census C-12-Arima).

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