La situation économique en République fédérale d'Allemagne en avril 2012 [1]
Selon les indicateurs conjoncturels pertinents, l'économie allemande semble se rétablir lentement pour surmonter la phase de ralentissement du début de l'année. Plusieurs facteurs portent à croire que les activités économiques vont reprendre au printemps et que l'économie viendra à bout des difficultés rencontrées au semestre d'hiver. Cette hypothèse est confirmée par les indicateurs de climat et notamment ceux concernant les attentes, qui se sont embellis nettement au cours des derniers mois. Le contexte économique international laisse également entrevoir une légère reprise des activités économiques. Certes, dans l'ensemble, le développement dans la zone euro reste mitigé. Suite aux mesures monétaires d'envergure, aux efforts nationaux pour surmonter la crise de la dette publique et au renforcement du contexte institutionnel dans la zone euro, les perspectives économiques se sont toutefois améliorées. Dans d'autres régions du monde comme par exemple en Asie, dans les grands pays émergents et aux États-Unis, le développement économique semble reprendre des couleurs. Les risques et insécurités restent néanmoins considérables. Outre les risques générés par la crise de la dette publique et la crise financière, des impondérables géopolitiques ont gagné en importance. Ceux-ci se traduisent par exemple par la montée des prix pétroliers.
L'évaluation plus positive de l'économie mondiale s'explique également par la reprise du commerce mondial vers le début de l'année après avoir enregistré une phase de stagnation au cours de l'année dernière. En janvier, les exportations et les importations allemandes avaient augmenté de 2,3 et de 2,4 pour cent [2], d'autres tendances à la hausse sont désormais visibles. Dans un premier temps toutefois, ces impulsions des échanges extérieurs resteront plutôt modestes.
Ayant reculé légèrement de 0,4 pour cent, la tendance à la baisse enregistrée par la production industrielle s'est quelque peu affaiblie en février. Certes, le faible taux de commandes pèse sur la production. La hausse légère des entrées de commandes de 0,3 pour cent enregistrée en février pourrait cependant annoncer un tournant positif. Les indicateurs de climat confirment cette hypothèse, les indicateurs concernant les attentes des acteurs économiques en particulier s'étant développés de manière positive depuis le début de l'année. Les commandes étrangères en provenance de pays en-dehors de la zone euro ont recommencé à augmenter et les commandes domestiques se sont également stabilisées. Par contre, les commandes en provenance de la zone euro ont nettement baissé.
De plus, en février, la production a souffert de la vague de froid qui a eu des répercussions notamment sur la construction, entraînant un recul des activités de construction de 17,1 pour cent. L'expérience a montré que de telles pertes dues aux intempéries sont rapidement compensées, le volume de la production du premier trimestre sera toutefois marqué par ce recul. Néanmoins, les perspectives dans le secteur de la construction restent positives. Depuis six mois, l'évolution des commandes est très positive grâce à un taux d'intérêt bas et un changement au niveau du comportement d'investissement.
La faiblesse conjoncturelle n'a presque pas eu d'impact sur le marché du travail. Malgré la vague de froid, le nombre de personnes actives a continué d'augmenter en février de 40.000 personnes (après correction des variations saisonnières) et la baisse du chômage s'est poursuivi en mars (-18.000 personnes). 41,10 millions de personnes ont exercé une activité professionnelle contre 3,028 millions de chômeurs. Les indicateurs anticipés laissent entrevoir une constante demande en main d'½uvre dans la presque totalité des secteurs. Dans un contexte économique difficile, le marché de l'emploi continue donc à contribuer à stabiliser le développement économique intérieur.
Ainsi, les perspectives des revenus disponibles des ménages et celles des dépenses de consommation qui sont les composantes les plus importantes de la demande restent donc positives. Actuellement toutefois, le pouvoir d'achat des consommateurs est freiné par la hausse des prix énergétiques. Celle-ci pourrait également être à la source du développement négatif du chiffre d'affaires dans le commerce de détail qui a continué à baisser en février de 1,1 pour cent. Face à l'augmentation constante des prix énergétiques, en mars, le niveau des prix à la consommation a été supérieur de 2,1 pour cent au niveau de l'année précédente, selon des indications provisoires.
Étant donné qu'à l'heure actuelle un renversement de la tendance de l'évolution des prix énergétiques est peu probable il est d'autant plus important de renforcer la compétitivité sur le marché allemand de l'essence et de dévoiler et pénaliser dans les meilleurs délais des infractions à la législation en matière de concurrence. Dans ce contexte il est essentiel d'agir de la manière la plus transparente. C'est la raison pour laquelle le gouvernement fédéral va étendre la compétence de la nouvelle autorité pour la transparence sur les marchés de l'électricité et du gaz qui sera mise en place auprès du Bundeskartellamt (Autorité fédéral de la concurrence) au marché des combustibles. À l'avenir, les entreprises pétrolières doivent sans délai communiquer à cette autorité les prix de l'essence et du diesel pour l'ensemble du pays. Cette démarche vise à dévoiler et pénaliser des stratégies d'éviction non autorisées.
Remarque : Un exposé et un commentaire détaillés de la situation et de l'évolution économiques seront publiés dans le rapport mensuel de mai « Schlaglichter der Wirtschaftspolitik » (disponible en allemand uniquement). Vous trouverez le numéro du mois de mai vers la fin de la semaine du 23 au 29 avril sur le site Internet du ministère fédéral de l'Économie et de la Technologie.
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[1] Ce rapport se base sur les données statistiques disponibles au 5 avril 2012.
[2] En l'absence d'indications contraires, les chiffres indiqués représentent des taux de variation par rapport à la période précédente corrigés des prix ainsi que des effets calendaires et des variations saisonnières issus de calculs effectués selon la procédure Census C-12-ARIMA.